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Egypte: mandat d'amener contre 5 militants pro-démocratie opposés au président Morsi

25/03/2013 02:06 EDT | Actualisé 25/05/2013 05:12 EDT

Le parquet égyptien a ordonné lundi l'arrestation de cinq jeunes militants de l'opposition, accusés "d'incitation à la violence" en lien avec les heurts qui ont éclaté vendredi entre manifestants et islamistes devant le siège des Frères musulmans, selon l'agence Mena.

Cette décision intervient après que le président islamiste Mohamed Morsi a menacé dimanche de prendre des mesures contre les hommes politiques qui seraient responsables des violents affrontements qui ont eu lieu vendredi devant le siège des Frères musulmans.

Le parquet "a émis un mandat d'amener contre cinq militants politiques, accusés d'avoir incité à la violence lors (des affrontements) qui ont eu lieu devant le bureau du Guide de la confrérie islamiste dans le quartier de Moqattam (au Caire)" a indiqué la Mena.

Ils "ont interdiction de quitter le pays et leur nom a été placé sur une liste de personnes interdites de voyage en raison des investigations", a précisé la Mena.

Les cinq militants --Alaa Abdel Fattah, Ahmed Douma, Karim el-Chaer, Hazem Abdel Azim et Ahmed Eid-- font partie des jeunes militants pro-démocratie célèbres pour leur opposition au président Morsi et les Frères musulmans dont il est issu.

Le parquet a également convoqué la militante Nawara Negm pour l'interroger au sujet d'accusations concernant son éventuelle implication dans les affrontements de vendredi.

Ces affrontements entre des manifestants de l'opposition et des islamistes près du siège des Frères musulmans avaient fait plus de 160 blessés.

"Si les enquêtes prouvent que certains hommes politiques sont impliqués, des mesures nécessaires seront prises contre eux, quel que soit leur niveau", avait affirmé M. Morsi, dans des déclarations diffusées dimanche sur son compte twitter ainsi que par la télévision d'Etat.

L'opposition et plusieurs journaux égyptiens ont vivement réagi lundi à ces propos.

"On peut s'attendre au pire. Les menaces de Morsi signifient la mort de l'Etat de droit. Il démontre qu'il est le président des Frères musulmans seulement", a déclaré à l'AFP Khaled Daoud, porte-parole du Front du salut national (FSN), la principale coalition de l'opposition.

"Le président Morsi s'active toujours quand les Frères musulmans sont sous pression, mais ne fait rien quand ce sont ses partisans qui attaquent des opposants", estime quant à lui Abdel Ghafar Shokr, un des dirigeants du FSN.

Plusieurs journaux indépendants ont dénoncé dans les propos de M. Morsi une menace de prendre des mesures exceptionnelles contre la presse et les responsables de l'opposition.

mon/tg/hj

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