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Egypte: des islamistes assiègent les studios de télévision privées

25/03/2013 11:22 EDT | Actualisé 25/05/2013 05:12 EDT

Des centaines d'islamistes assiégeaient lundi pour le deuxième jour consécutif un complexe abritant les chaînes de télévision privées satellitaires, les accusant d'être hostiles au courant islamiste, selon un journaliste de l'AFP.

Les manifestants ont pris le contrôle des entrées et des sorties de la Cité de la production médiatique égyptienne malgré la présence des forces anti-émeutes.

Les protestataires accusent les télévisions satellitaires privées d'être hostiles au courant islamiste et de s'être rangées du côté de l'opposition regroupant des forces libérales et de gauche.

Dimanche soir, le ministre de l'Intérieur Mohamed Ibrahim n'était pas parvenu à négocier avec les manifestants leur départ, selon une source sécuritaire.

Ces derniers ont agressé des invités d'émissions télévisées, dont une figure de l'opposition, Hussein Abdel Ghani, et l'avocat des droits de l'Homme, Hafez Abou Saada.

"Ils ont lancé des pierres sur ma voiture et ils ont essayé de me kidnapper", a affirmé lundi à l'AFP M. Abdel Ghani, porte-parole du Front de salut national, principale coalition de l'opposition.

"Il s'agit d'un message clair pour que nous nous taisions et leur objectif est de contrôler toutes les institutions de l'Etat. Faute de quoi ils vont nous agresser et faire couler notre sang", a-t-il ajouté.

Ils "m'ont empêché d'entrer dans la cité et m'ont pris à partie à plusieurs reprises" a affirmé de son côté le rédacteur en chef d'une émission de la chaîne privée ON TV, Ahmed Al-Gazar.

"Les islamistes autorisent uniquement l'entrée des journalistes travaillant sur les chaînes islamiques", a indiqué Moustafa Mizar, un journaliste de la chaîne ON TV.

Le porte-parole du gouvernement Alaa al-Hadidi a critiqué les manifestants, estimant que "ces actes visant à imposer par la violence une opinion portent atteinte au climat de confiance et influent de manière négative sur les valeurs de la démocratie", selon l'agence officielle Mena.

L'opposition et plusieurs journaux ont dénoncé lundi des propos du président islamiste Mohamed Morsi qui a menacé de prendre des mesures contre les hommes politiques qui seraient, selon lui, responsables des violents affrontements la semaine dernière devant le siège des Frères musulmans.

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