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Chypre: les principales étapes de la crise financière

25/03/2013 08:06 EDT | Actualisé 25/05/2013 05:12 EDT

Chypre a conclu in extremis un difficile accord avec ses bailleurs de fonds internationaux pour éviter la faillite et rester dans la zone euro après une semaine de crise qui a paralysé l'économie de l'île méditerranéenne et fait vaciller la monnaie unique européenne.

- 16 mars: neuf mois après avoir demandé 17 milliards d'euros d'aide, Nicosie accepte un plan de l'Union européenne et du Fonds monétaire international prévoyant que ces derniers apportent dix milliards d'euros en échange d'une taxe sur les dépôts bancaires à Chypre censée rapporter 5,8 milliards. Pour amortir l'impact sur les gros déposants, notamment russes, une proposition vise à répartir la taxe sur tous les dépôts (6,75% jusqu'à 100.000 euros, 9,9% au delà), brisant le tabou de la protection des petits épargnants.

C'est l'option "la moins douloureuse", affirme le président chypriote élu trois semaines auparavant, Nicos Anastasiades (conservateur). Mais la colère éclate à Chypre, le vote nécessaire du Parlement est repoussé et les files d'attente s'allongent devant les distributeurs des banques fermées pour un week-end prolongé.

- 18: les bourses européennes dévissent et l'euro chute face au spectre d'une perte de confiance dans le système bancaire. Moscou dénonce la taxe.

De nouvelles négociations s'engagent, la zone euro réclame à Chypre, membre depuis 2008, d'exonérer les dépôts jusqu'à 100.000 euros. Nicosie propose un seuil à 20.000 euros mais le vote du Parlement est encore reporté et la fermeture des banques prolongée.

- 19: le Parlement chypriote rejette le plan européen, liesse à Chypre. Le ministre des Finances Michalis Sarris part quêter un soutien à Moscou. Il rentrera bredouille le surlendemain.

- 20: Chypre cherche un "plan B". La puissante Eglise orthodoxe propose ses richesses en gage. La fermeture des banques est prolongée jusqu'au 26.

- 21: la Banque centrale européenne donne jusqu'au 25 mars à Chypre pour s'accorder avec ses bailleurs sous peine de la priver de liquidités.

La crise fait peser un "risque systémique" sur la zone euro, prévient le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jeroen Dijsselbloem. Standard and Poor's dégrade la dette chypriote d'un cran, à CCC.

- 22: la chancelière allemande Angela Merkel avertit Chypre de ne "pas abuser de la patience" de la zone euro. Le Parlement vote une restructuration du secteur bancaire, son feu vert ne sera plus nécessaire pour le nouveau plan de sauvetage.

- 23: officialisation d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro le lendemain à Bruxelles, poursuite de négociations-marathon alors que l'horloge tourne.

- 24/25: dans la nuit, accord à Bruxelles sur un nouveau plan de sauvetage après 12 heures d'âpres discussions. Nicos Anastasiades met sa démission en balance.

Chypre récoltera 4,2 milliards d'euros en ponctionnant les dépôts supérieurs à 100.000 euros et réduira son secteur bancaire en fermant sa deuxième banque, Popular (Laïki) Bank. En échange les bailleurs (UE, BCE, FMI) apporteront jusqu'à 10 milliards d'euros.

L'accord, salué par les marchés, "met fin aux incertitudes concernant Chypre et la zone euro", assure M. Dijsselbloem. Moscou l'étudie. La réouverture des banques le 26 mars reste toutefois incertaine.

doc-lch/jld

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