SEPANG, Malaisie - Le triple champion en titre Sebastian Vettel a devancé son coéquipier de Red Bull Mark Webber à la suite d'une belle bagarre en piste pour remporter le Grand Prix de Malaisie. Le pilote allemand s'est toutefois excusé d'avoir ignoré les consignes de l'équipe après la course.

Vettel, qui s'était plaint plus tôt à son équipe du rythme plus lent de Webber, s'est bagarré avec son coéquipier pendant la majeure partie de la course, les deux voitures se touchant presque lorsque l'Allemand s'est hissé en tête au 46e tour pour filer vers sa 27e victoire, ce qui lui permet de rejoindre le triple champion Jackie Stewart. Il devance désormais Kimi Räikkönen par neuf points au championnat.

Le dépassement de Vettel a visiblement contrarié Webber, le pilote australien refusant de féliciter son coéquipier après la course. Webber a expliqué qu'il avait suivi les consignes d'équipe en ralentissant alors qu'il était en tête pour préserver ses pneus et son moteur quand Vettel l'a dépassé. Questionné à savoir si cela va l'amener à reconsidérer sa position chez Red Bull, Webber a avoué que «beaucoup de choses qui se passent dans ma tête.»

«Ç'a été une lutte serrée et je ne suis pas entièrement satisfait, a reconnu Vettel. J'ai commis une grosse erreur aujourd'hui et nous aurions dû garder nos positions. J'ai gaffé dans cette situation et je peux dire qu'il est maintenant en colère. Mes excuses à Mark. Le résultat est là et tout ce que je peux dire, c'est que je n'ai pas agi délibérément.»

Vettel a insisté pour dire qu'il a réalisé son erreur seulement après la course.

«Mark aurait dû gagner», a-t-il encore dit, ajoutant qu'il ne commettrait plus l'erreur de nouveau.

Webber a réalisé un excellent départ, se hissant de la cinquième à la deuxième position et il a ensuite pris la tête au neuvième tour. Il a échangé sa place avec Vettel à plusieurs reprises dans la première moitié de la course à la faveur des arrêts aux puits et l'Allemand a presque doublé Webber au 33e tour à sa sortie des puits.

Plus tard, Webber roulait en tête quand son équipe lui a demandé de ralentir pour ménager son moteur et ses pneus — qui ont constitué un problème en ce début de saison. Vettel en a profité pour l'attaquer.

«Pour moi, la course était finie (après le dernier arrêt), a dit Webber. Nous avions le contrôle de la course. J'étais prêt à me défendre mais l'équipe m'a dit, 'la course est jouée, fais attention à tes pneus. Ne vous défiez pas l'un l'autre.' J'ai alors levé le pied.»

Par ailleurs, Mercedes a continué d'étonner alors que Lewis Hamilton, champion du monde 2008, a terminé troisième, devant son coéquipier Nico Rosberg.

Mais on a eu droit à la même controverse que chez Red Bull, alors que l'équipe a demandé à Rosberg de conserver sa position avec cinq tours à faire bien qu'il était plus rapide que Hamilton. Le patron Ross Brawn a imploré Rosberg de demeurer derrière Hamilton et l'Allemand a fait savoir à son équipe qu'il «s'en souviendrait».

«Pour être honnête, je pense sincèrement que c'est Nico qui aurait dû se trouver à ma place, a reconnu Hamilton. Manifestement, l'équipe pensait aux points du championnat et c'était logique de tenir nos positions. Je félicite Nico, il a fait une meilleure course que moi.»

Hamilton avait auparavant connu un moment gênant quand il s'est arrêté au stand de son ancienne équipe McLaren avant de réaliser son erreur et de poursuivre son chemin jusqu'à celui de Mercedes.

La journée de Fernando Alonso (Ferrari) a tourné au cauchemar. Sa course a pris fin au deuxième tour, lui qui a endommagé son aileron avant lorsqu'il a percuté l'arrière de la voiture de Vettel au tour précédent. Son coéquipier Felipe Massa a connu un mauvais départ mais il a néanmoins terminé au cinquième rang.

«Une journée de malchance, mais il reste bien des courses pour compenser et je suis prêt à glaner des points dès la prochaine», a révélé Alonso sur son compte Twitter.

Les problèmes de McLaren se sont poursuivis, alors qu'un arrêt aux puits brouillon avait relégué Jenson Button au 14e rang. Le Britannique a abandonné avec deux tours à faire tandis que son coéquipier, Sergio Perez, a pris le 9e rang.