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Syrie: Hitto en visite à Alep, où les combattants ne regrettent pas Khatib

24/03/2013 01:11 EDT | Actualisé 24/05/2013 05:12 EDT

Le "Premier ministre" rebelle syrien par intérim Ghassan Hitto s'est rendu dimanche dans la province d'Alep (nord), dont de vastes pans sont contrôlés par des combattants rebelles qui se sont montrés peu concernés par la démission du chef de l'opposition Ahmad Moaz al-Khatib.

Il s'agissait de la première visite sur le sol syrien de M. Hitto, que l'Armée syrienne libre (ASL) a refusé dimanche de reconnaître, depuis son élection le 18 mars à Istanbul par 35 voix sur 49 après un débat tendu.

M. Hitto a tenu "une réunion avec une délégation de responsables du conseil local de la province d'Alep et de représentants du conseil judiciaire", selon un communiqué publié sur la page Facebook "Gouvernement syrien par intérim".

"C'était une bonne visite, j'ai l'impression que Hitto veut vraiment essayer de nous aider à obtenir le soutien dont nous avons besoin", a déclaré à l'AFP Yehia Naanaa, responsable du conseil provincial rebelle.

M. Naanaa a en revanche jugé "regrettable" la démission de M. Khatib de son poste de chef de la Coalition nationale de l'opposition: "Nous voulons aller de l'avant. Khatib est un homme très respecté. Mais sur le terrain, les besoins sont urgents. Nous avons besoin de soutien, pas d'obstacles".

Pour Hadji al-Bab, numéro 2 de Liwa al-Tawhid, l'une des plus importantes brigades d'Alep, "la démission du Cheikh Khatib n'a aucun impact sur le terrain car nous n'avons pas voté pour lui, elle touche ceux qui l'ont élu, pas les combattants".

"Il y a des combattants au front à Alep qui n'ont même pas entendu parler de son élection, comment s'occuperaient-ils de sa démission?", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Rien ne va changer qu'il reste ou qu'il démissionne et même si toute la Coalition démissionnait parce que dans les faits ils n'ont rien pu faire pour les gens à l'intérieur du pays", a regretté Abou Fouad, chef du mouvement d'opposition al-Karamé wa Takkafol.

Sous le couvert de l'anonymat, plusieurs chefs de brigade ont dénoncé une Coalition "de l'étranger", "sans base populaire et coupée des réalités syriennes". "Nous mourons au front et ils discutent à l'abri en Turquie sans nous consulter ni nous aider", a insisté l'un d'eux.

En visite à Bagdad, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a pour sa part regretté le départ de M. Khatib, tout en exprimant sa confiance pour M. Hitto.

M. Khatib "est un homme que j'aimais et dont j'appréciais la direction. Mais ce n'est pas une surprise. Nous avons travaillé très étroitement avec le Premier ministre Hitto (...) nous sommes confiants dans ses capacités", a déclaré M. Kerry.

"Il est quasi-inévitable dans la transition d'un groupe que des hommes changent de place (...). L'opposition est plus grande qu'une seule personne et va continuer", a-t-il assuré.

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