NOUVELLES

République centrafricaine: le président Bozizé s'est réfugié au Cameroun

24/03/2013 09:29 EDT | Actualisé 24/05/2013 05:12 EDT

YAOUNDÉ, Cameroun - Le président de la République centrafricaine s'est réfugié au Cameroun lundi, alors que les rebelles qui l'ont chassé du pouvoir commençaient à se quereller quant à savoir qui dirigera maintenant le pays.

L'Afrique du Sud a indiqué que 13 de ses soldats ont été tués lors de combats contre les rebelles de la coalition de Séléka le week-end dernier, quand ils ont été attaqués par quelque 3000 insurgés qui fonçaient vers la capitale, Bangui. Il s'agit de certaines des pires pertes épongées par l'Afrique du Sud en près de 20 ans, et plusieurs se demandent pourquoi l'armée s'est mêlée d'un conflit aussi volatile.

Deux jours seulement après être entré dans la capitale, un des leaders de la coalition rebelle s'est déjà déclaré président, affirmant qu'il se considère comme le nouveau chef d'État. Un autre groupe rebelle a toutefois prévenu qu'il ne reconnaît pas la présidence de Michel Djotodia et qu'il s'opposera à sa tentative de prendre le pouvoir.

M. Djotodia a déclaré à la radio française qu'il pourrait demeurer au pouvoir pendant trois ans, soit la période qui restait au mandat du président déchu François Bozizé.

Mais à Paris, Nelson N'Jaadder, le président de la Révolution pour la démocratie, un des groupes membre de la coalition rebelle de Séléka qui a envahi la capitale, a déclaré que ses hommes ne reconnaissent pas M. Djotodia. Il affirme que les membres de la coalition s'étaient entendus pour prendre le palais présidentiel, puis pour annoncer une période de transition de 18 mois avant la tenue de nouvelles élections.

Il ajoute que M. Djotodia n'a jamais été choisi comme leader. Il a aussi accusé les hommes de M. Djotodia de se livrer à des actes de pillage.

Le gouvernement du Cameroun a confirmé lundi que M. Bozizé a «temporairement» trouvé refuge dans ce pays, avant de prendre la direction d'un autre pays non identifié.

Des soldats français ont été déployés pour sécuriser l'aéroport de Bangui. Pour sa part, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a lancé un appel au calme, tout en condamnant cette prise de pouvoir anticonstitutionnelle et en estimant que l'accord de paix conclu en janvier demeure la clé de la stabilité et de la prospérité du pays. M. Ban s'est aussi inquiété d'informations faisant état d'importantes atteintes aux droits de la personne.

Les soldats sud-africains ont été tués alors qu'ils défendaient une base militaire du pays, selon ce qu'a déclaré le président sud-africain Jacob Zuma. Il affirme que les forces sud-africaines ont infligé de lourdes pertes aux rebelles.

En décembre dernier, différents groupes rebelles s'opposant depuis longtemps au président centrafricain avaient uni leurs forces et commencé à conquérir des villes dans le nord du pays.

Après avoir menacé de se rendre jusqu'à Bangui, ils avaient accepté de prendre part à des négociations de paix à Libreville, la capitale du Gabon.

Les pourparlers ont mené à la signature d'un accord le 11 janvier permettant à François Bozizé de rester au pouvoir jusqu'à la fin de son mandat en 2016. Les insurgés ont cependant rapidement accusé le président de ne pas respecter ses promesses.

L'entente a officiellement été rompue il y a plus d'une semaine lorsque les rebelles ont pris le contrôle de deux villes et annoncé leur intention de conquérir la capitale.

PLUS:pc