BIEN-ÊTRE

Le monde une heure sans lumière pour lutter contre le changement climatique

24/03/2013 08:37 EDT | Actualisé 24/05/2013 05:12 EDT

L'Empire State Building, la Tour Eiffel et le Kremlin, mais aussi de nombreux autres monuments à travers le monde, ont plongé dans le noir samedi pour attirer l'attention sur le changement climatique, comme chaque année depuis 2007.

A New York, l'Empire State Building s'est éteint à 20H30 (00H30 GMT dimanche) et une heure plus tard à Rio de Janeiro, le célèbre Corcovado qui surplombe la plage d'Ipanema s'est retrouvé dans le noir.

Le coup d'envoi de cette opération "Earth Hour" -- une heure sans lumière -- a été donné à Sydney où les lumières de la ville se sont éteintes à 9H30 GMT sous les applaudissements et acclamations d'une foule venue saisir le moment où l'Opéra allait s'envelopper d'un halo vert évoquant les énergies renouvelables.

A 20H30 locales, l'éclairage des bâtiments et monuments de plus de 150 pays s'est successivement éteint pendant une heure pour marquer la plus grande manifestation écologique du monde à laquelle des centaines de millions de personnes devaient également prendre part.

"C'est vraiment excitant", s'exclame Jessica Bellamy, venue admirer l'événement. "C'est une soirée mémorable parce qu'elle reflète l'espoir et le désir de changement", a-t-elle ajouté.

Dans le noir, donc, le port de Sydney mais aussi la porte de Brandebourg à Berlin, les chutes du Niagara, la tour la plus haute du monde Burj Khalifa à Dubaï, les remparts de Dubrovnik en Croatie, le stade olympique de Pékin, la vieille citadelle d'Erbil au Kurdistan... mais aussi de nouveaux lieux comme les places Al-Jundi et Palestine à Gaza, la Petite Sirène de Copenhague, la réplique de la statue du David de Michel-Ange à Florence.

A Moscou, le Kremlin a plongé à son tour dans l'obscurité, pour la première fois samedi soir, selon les voeux du président Vladimir Poutine. La cathédrale Basile le Bienheureux aux dômes colorés sur la place Rouge, à proximité du Kremlin, ne sera plus illuminée comme environ 90 autres bâtiments célèbres dans la capitale russe.

"Ce qui a commencé à Sydney en 2007 avec deux millions de personnes est devenu une tradition dans tout le pays et dans le monde entier", s'est félicité Dermot O'Gorman, directeur de WWF-Australie.

L'opération a été lancée par le Fonds mondial pour la nature (WWF) en 2007 en Australie, où cette année le mot d'ordre est "d'éteindre pour de bon" et de se convertir aux énergies renouvelables.

La campagne a pris une dimension mondiale et touche désormais "des centaines de millions de personnes", a assuré à l'AFP le cofondateur et directeur de l'opération, Andy Ridley.

"L'an dernier, 7.000 localités dans 152 pays à travers le monde ont participé, soit une augmentation de 30% par rapport à l'année précédente", s'est-il félicité.

"C'est en Asie-Pacifique, le moteur économique de la planète, que cela prend le plus d'ampleur car quel que soit l'endroit où l'on aille, les gens sont confrontés à des problèmes environnementaux", a expliqué Andy Ridley.

En Chine, les lumières éclairant le Bund de Shanghai (grand boulevard emblématique de la ville) se sont éteintes tandis que dans la ville centrale de Wuhan, le pont sur le Yangtze a plongé dans le noir.

Au Japon, les illuminations diurnes de la Tour de Tokyo étaient éteintes, tandis que les visiteurs pédalaient sur leurs vélos, produisant de l'électricité pour éclairer cette oeuvre d'art.

Singapour et Hong Kong ont été plongés dans le noir pendant une heure ainsi qu'en Inde, où certains des monuments les plus emblématiques de la capitale New Delhi --tels la Tombe de Humayun ou le Fort rouge--, ont été privés de lumière.

A Paris la Tour Eiffel s'est éteinte comme prévu à 20H30 sous les applaudissements d'environ 200 personnes. D'autres monuments célèbres tels la cathédrale Notre Dame ou l'Arc de Triomphe ont connu le même sort. En Espagne, les lumières se sont éteintes dans une centaines de villes et des hôtels de luxe proposaient des dîners aux chandelles.

L'opération "Earth Hour" bénéficie de soutien jusque dans l'espace.

"D'ici, de l'espace, on voit très bien à quel point notre planète a besoin de la protection", a déclaré le cosmonaute russe Roman Romanenko à bord de la Station spatiale internationale (ISS) avec l'Américain Thomas Marshburn et le Canadien Chris Hadfield.

"Sa vie dépend de nous, de notre attitude, mais aussi de la manière dont nous utilisons ses ressources. Soutenez +Earth Hour+ à 20H30 le 23 mars pour montrer que le sort de la Terre est important pour vous", a-t-il lancé dans un message vidéo de l'ISS publié sur Youtube.

L'équipage de l'ISS va regarder la Terre au moment où les feux seront éteints sur les continents pour voir la planète "prendre son heure de repos", a ajouté le cosmonaute.