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La présidence égyptienne lance une "initiative" pour les droits des femmes

24/03/2013 02:03 EDT | Actualisé 24/05/2013 05:12 EDT

La présidence égyptienne a lancé dimanche une "initiative pour soutenir les droits et les libertés des femmes égyptiennes", qui sera chargée de proposer lois et stratégies.

Cette annonce intervient alors que l'Egypte s'est récemment montrée réticente à une déclaration de l'ONU dénonçant les violences faites aux femmes.

L'initiative vise à "identifier" les problèmes économiques, politiques ou sociaux auxquelles les Egyptiennes font face et à proposer "une série de politiques (...), de lois et de mécanismes" pour y remédier, selon un communiqué.

Des organes gouvernementaux comme le Conseil national de la femme, des associations, des professeurs d'université ainsi que l'institution sunnite Al-Azhar et l'Eglise copte ont été invités à se joindre à l'initiative, qui doit s'étaler sur trois mois.

Le harcèlement des femmes dans la rue --un phénomène quotidien qui dégénère régulièrement depuis deux ans en agressions sexuelles collectives pendant les manifestations-- sera le premier sujet abordé, a affirmé à la presse Omaima Kamel, la conseillère du président Mohamed Morsi pour les affaires des Femmes.

Mais l'initiative a été accueillie avec scepticisme.

Comme "peut-elle être efficace si la Constitution du pays marginalise les femmes et ignore leurs droits de base?", s'est ainsi interrogée la militante Mariam Kirollos. "Depuis que Morsi est arrivé au pouvoir, les femmes ont été marginalisées dans les processus de prise de décision majeurs et exposées à une violence croissante", a-t-elle dénoncé.

Selon des diplomates, l'Egypte, comme l'Iran et la Russie, avait tenté d'édulcorer la déclaration de l'ONU contre les violences faites aux femmes, finalement adoptée la semaine dernière.

Les Frères musulmans, dont est issu le président Morsi, ont estimé que ce document était contraire à l'islam et conduirait à la "déchéance totale de la société" s'il était adopté.

"Nous ne sommes pas une réaction (au document de l'ONU), nous ne sommes pas une alternative", a assuré Mme Kamel.

Le porte-parole de l'initiative, Bassiouni Hamada, a toutefois annoncé une conférence internationale à la fin des travaux, à laquelle des "parties extérieures à l'Egypte" serait invitées pour s'assurer "que tout ce qui se dit (...) sur la situation des femmes en Egypte n'est pas vrai".

iba/fc

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