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Égypte: le président Morsi menace de prendre des «décisions difficiles»

24/03/2013 10:43 EDT | Actualisé 24/05/2013 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le président égyptien a livré dimanche un sévère avertissement à ses opposants, affirmant qu'il pourrait bientôt adopter des mesures non spécifiées pour «protéger la nation», deux jours après que des partisans des Frères musulmans et de l'opposition se furent livrés à des combats de rue dans le cadre des pires exemples de violences politiques depuis trois mois.

Près de 200 personnes ont été blessées lors des heurts de vendredi, dont certaines grièvement, à l'extérieur du siège social des Frères, le groupe politique dominant en Égypte.

Visiblement en colère, le président Mohamed Morsi a assuré qu'il ne devrait pas être entraîné à prendre une décision «difficile».

Sans nommer un groupe d'opposition ou un détracteur en particulier, les commentaires présidentiels sont le meilleur indice, pour l'instant, qu'il croit que les partis et politiciens regroupés au sein du Front de salut national, la principale coalition d'opposition, sont directement à l'origine des violences.

M. Morsi a également menacé d'adopter des «mesures appropriées» contre les politiciens reconnus responsables des violences de vendredi, et ce sans tenir compte de leur ancienneté. Toute personne reconnue coupable d'utiliser les médias pour «inciter à la violence» sera également tenue pour responsable, a-t-il ajouté.

Ses commentaires sont survenus quelques heures après que des dizaines d'islamistes eurent organisé une manifestation à l'extérieur de studios appartenant à des réseaux télévisés critiques du leader égyptien.

Les islamistes manifestent contre ce qu'ils considèrent être une couverture biaisée des violences de vendredi. Les Frères affirment ne pas soutenir les protestations, mais certains manifestants scandaient des slogans en faveur du président des Frères, Mohammed Badie.

Le Front du salut national a critiqué les Frères pour leur attaque envers la presse, blâmant le mouvement islamiste pour avoir incité les actes violents.

Ce plus récent éclat de violence est le pire en Égypte depuis qu'au moins 10 personnes sont mortes lors de heurts entre partisans et détracteurs de M. Morsi au Caire, en décembre.

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