NOUVELLES

Chypre: des centaines de manifestants à Nicosie contre le plan de sauvetage

24/03/2013 03:47 EDT | Actualisé 24/05/2013 05:12 EDT

Des centaines de personnes ont manifesté dimanche à Nicosie pour dénoncer les mesures draconiennes réclamées par les bailleurs de fonds internationaux en contrepartie d'un plan de sauvetage pour éviter la faillite de Chypre.

Quelque 500 membres du parti communiste Akel, qui dispose de 19 des 56 sièges au Parlement, ont manifesté devant les locaux de la Commission européenne en scandant "Ne cède pas, peuple de Chypre, bats-toi pour tes droits" et "la troïka imprime des euros et achète des nations".

"Nous manifestons contre les intentions de la troïka (des bailleurs de fonds) qui ne prennent pas en considération le peuple chypriote, seulement les chiffres et l'argent", a expliqué à l'AFP Andreas, un retraité membre du parti.

"C'est la Troisième guerre mondiale, sous une forme économique. Et nous allons y faire face de toutes nos forces", a assuré une manifestante, Marina Charalambous.

"Ils vont laisser les gens mourir de faim pour sauver les gros capitaux. Maintenant ce qu'il faut faire pour sauver complètement notre économie, c'est de refuser de payer la dette et de nationaliser les banques", a estimé un autre manifestant, Stavros Georgiou.

Issu du parti Akel, l'ancien président Demetris Christofias, dont le mandat s'est achevé fin février, avait fait appel à un plan de sauvetage européen en juin mais rejeté la plupart des contreparties exigées par la troïka -Union européenne, Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

Pour Charles Vassiliou, un autre membre d'Akel, Nicos Anastasiades, le président conservateur qui a succédé à M. Christofias, "est responsable de la situation" parce qu'il "écoute la troïka" alors qu'il faudrait selon lui quitter l'euro et revenir à la livre.

Dans le même temps, 200 personnes, pour la plupart des employés des banques menacées de faillite, ont manifesté devant le palais présidentiel, sous une banderole proclamant: "Nous ne deviendrons pas les esclaves du XXIe siècle".

"Comment pourrait-il y avoir une lueur au bout du tunnel quand le gouvernement ne sais pas négocier, parce que tout ce qu'il veut c'est suivre la troïka", a dénoncé une jeune femme très en colère.

M. Anastasiades était engagé dimanche soir à Bruxelles dans des réunions de la dernière chance avec ses bailleurs de fonds pour éviter une faillite du pays et une sortie de l'euro. Chypre doit lever 7 milliards d'euros en contrepartie d'un prêt de 10 milliards.

bur-jds-dk/fc/tp

PLUS:afp