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Un théâtre, un poste de police attaqués par des salafistes en Tunisie (témoins)

23/03/2013 09:32 EDT | Actualisé 23/05/2013 05:12 EDT

Des salafistes présumés ont attaqué un poste de police à Siliana, dans le nord de la Tunisie, et d'autres ont empêché la représentation d'une pièce de théâtre, tabassant un technicien, à Régueb (centre de la Tunisie), a appris vendredi l'AFP auprès de témoins.

A Siliana, une dizaine de salafistes ont pourchassé vendredi soir un homme qui selon eux avait "insulté Dieu" et qui s'était réfugié dans un poste de police, a expliqué à l'AFP un des policiers présents sur les lieux au moment des faits mais préférant garder l'anonymat.

"Ils ont attaqué le poste, l'ont incendié en partie. On a demandé des renforts, l'armée est venue, et les salafistes ont jeté des pierres sur eux et saccagé une voiture. Trois salafistes ont été arrêtés", a expliqué cette même source.

A Régueb, un groupe d'une trentaine de militants islamistes radicaux ont empêché la tenue d'une pièce de théâtre sur la situation politique en Tunisie dans le cadre d'un festival culturel dédié à la révolution de janvier 2011, a expliqué la troupe.

"Trente à 40 salafistes étaient présents devant la maison de la culture de Régueb, une Italienne (appartenant à la troupe) a pris des photos et (les islamistes) lui ont confisqué l'appareil en l'insultant et en criant +que fais-tu là juive?+", a raconté le producteur de la pièce, Walid Abdessalem.

"Un technicien est venu à son aide et ils l'ont tabassé", a-t-il ajouté.

Le metteur en scène, Obeïd Joumeyi a indiqué qu'un homme se présentant comme un militant d'Ennahda, le parti islamiste qui dirige le gouvernement tunisien, l'avait menacé.

"Il m'a dit, +je suis d'Ennahda et votre théâtre, votre projet culturel ne verra pas le jour mécréant+", a-t-il raconté.

La Tunisie est confrontée à l'essor de groupuscules islamistes, responsables, selon les autorités, notamment de l'attaque de l'ambassade américaine en septembre 2012 et de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd le 6 février. Ce meurtre a exacerbé une profonde crise politique, culminant avec la démission du gouvernement.

str-alf/sw

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