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Tunisie: une ONG dénonce l'inertie de la Justice face à l'antisémitisme

23/03/2013 07:24 EDT | Actualisé 23/05/2013 05:12 EDT

L'Association tunisienne de soutien aux minorités a dénoncé samedi la lenteur de la Justice pour instruire des plaintes déposées depuis début 2012 contre des islamistes pour incitation à la haine contre les juifs.

"La Justice ne nous dit rien, c'est le silence total alors qu'elle devrait soit prononcer un non-lieu, soit instruire l'affaire. Là, c'est ni l'un, ni l'autre", a déclaré à l'AFP Yamina Thabet, présidente de l'association.

Cette organisation a déposé une première plainte pour incitation à la haine début 2012 après qu'un groupe de militants salafistes eut scandé "Mort aux juifs" dans les rues de Tunis lors de manifestations.

Une autre plainte a été déposée en décembre contre un imam de la banlieue de Tunis, Ahmed S'hili, qui lors d'un prêche diffusé en direct à la télévision, avait appelé Dieu à éradiquer les juifs, un appel à la haine raciale passible de un à trois ans de prison.

"Frappe-les avec un coup tel pour qu'il n'en reste plus un seul. Allah, rend les ventres de leurs femmes stériles et assèche les entrailles de leurs hommes", avait-il notamment dit.

Une troisième plainte a été déposée par l'association en janvier 2013 après le saccage de ses bureaux. L'organisation accuse la Ligue de protection de la révolution, sorte de milice brutale proche des islamistes d'Ennahda qui dirigent le gouvernement.

Selon Mme Thabet, le saccage des locaux a été orchestré en représailles à l'organisation le 29 décembre d'une commémoration de la déportation des juifs tunisiens durant la Seconde guerre mondiale.

Enfin, la présidente de l'association a expliqué être visée par une plainte en diffamation après avoir aidé une juif tunisien à récupérer un bien immobilier dont il avait été spolié.

La communauté juive en Tunisie s'est réduite à 1.500 âmes environ, contre 100.000 en 1956 avant l'indépendance.

alf/vl

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