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Le président chypriote se rend à Bruxelles pour une réunion cruciale

23/03/2013 05:04 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

Le président chypriote doit se rendre samedi à Bruxelles dans une ultime tentative de convaincre les bailleurs de fonds de son nouveau plan pour obtenir une aide internationale, avant l'échéance lundi d'un ultimatum de la BCE menaçant de couper les vivres aux banques.

Sur l'île méditerranéenne, où les banques sont fermées depuis une semaine et où tous les virements via internet sont bloqués, la situation devenait critique pour nombre d'entreprises, incapables de payer leurs fournisseurs ou d'être payées.

Signe de l'importance du dossier pour l'Union européenne, le sommet UE-Japon prévu la semaine prochaine a été reporté, et les ministres des Finances de la zone euro vont se réunir dimanche en fin d'après-midi à Bruxelles pour trouver une solution à la crise.

Pour éviter un effondrement de l'économieà Chypre, les députés ont adopté vendredi soir les premières mesures liées au plan: une restructuration du secteur bancaire du pays, la création d'un fonds de solidarité et une limitation des mouvements de capitaux pour éviter une trop forte pression sur les banques à leur réouverture, prévue mardi.

Parmi les projets encore à voter figure une taxe exceptionnelle, qui pourrait s'élever à 15% selon la télévision publique, sur les dépôts bancaires à partir de 100.000 euros. Selon les médias locaux, la taxe pourrait aller jusqu'à 25% pour les dépôts de plus de 100.000 euros de la Bank of Cyprus, la plus importante de l'île et très exposée à la dette grecque.

"Les leaders de partis et le président (Nicos Anastasiades) partiront pour Bruxelles à la mi-journée pour des pourparlers avec la direction de l'UE", selon l'agence officielle chypriote CNA.

"Et en fonction du résultat de ces contacts (...), le Parlement examinera la taxe sur les dépôts bancaires soit cette nuit, soit demain matin", ajoute-t-elle.

Chypre doit trouver d'ici lundi 7 milliards d'euros -plus du tiers de son PIB-, pour débloquer l'aide internationale de 10 milliards d'euros de la troïka (BCE-UE-FMI) et obtenir que la BCE continue de fournir des liquidités d'urgence à ses banques.

Mardi, le Parlement avait rejeté l'idée d'une taxe exceptionnelle allant jusqu'à 9,9% sur tous les dépôts bancaires, censée rapporter 5,8 milliards d'euros.

"Le Parlement va bientôt être invité à adopter des décisions difficiles. Certains aspects seront douloureux, mais il faut sauver le pays", a prévenu le président chypriote dans un tweet vendredi.

La taxe sur les dépôts semble d'autant plus inévitable que l'option d'une aide russe, caressée par Nicosie afin d'obtenir une partie de l'aide nécessaire, s'est refermée, au moins dans l'immédiat.

Après deux jours de discussions à Moscou avec le ministre chypriote des Finances Michalis Sarris, la Russie a indiqué ne pas être intéressée par les propositions de Nicosie. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a assuré cependant que son pays "ne fermait pas la porte" à un soutien à Chypre, mais que Nicosie devait trouver avec l'UE une issue à la crise.

Du côté de l'UE et de la zone euro, dont Chypre fait respectivement partie depuis 2004 et 2008, l'exaspération se fait croissante, en particulier à Berlin.

La chancelière Angela Merkel a prévenu vendredi matin qu'il ne fallait "pas abuser de la patience des partenaires de la zone euro".

Le fonds de solidarité voté vendredi soir doit utiliser en particulier les liquidités des fonds de retraites de la fonction publique, et pourrait également être garanti sur les revenus à venir dégagés par l'exploitation, encore à l'étude, du gaz naturel récemment découvert au large des côtes de l'île.

Selon un porte-parole du ministère allemand des Finances, la troïka avait déjà rejeté une telle proposition le week-end dernier.

A Nicosie, où l'activité tourne au ralenti, de nombreux cafés, restaurants ou stations-service refusent désormais les paiements par carte de crédit.

"Durant ces trois derniers jours, j'ai constaté une baisse de 70% de la fréquentation (...) Je ne sais pas si je vais ouvrir la semaine prochaine", a ainsi déclaré Demos Strouthos, le gérant d'un restaurant dans le centre de Nicosie.

bur/vl/sw

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