NOUVELLES

Le monde arabe en passe de rompre avec le régime syrien

23/03/2013 05:09 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

Le monde arabe est en passe de rompre définitivement avec le régime du président Bachar al-Assad en accueillant pour la première fois l'opposition syrienne à son sommet annuel mardi au Qatar.

Le Qatar, hôte de la rencontre, a annoncé "la participation de l'opposition syrienne au sommet", mais sans préciser si elle allait occuper le siège de la Syrie, resté vacant depuis la suspension de Damas par la Ligue arabe en novembre 2011.

"La question du siège sera tranchée par les ministres des Affaires étrangères arabes" lors d'une réunion préparatoire du sommet dimanche à Doha, a déclaré à l'AFP un responsable de la Ligue arabe.

"Nous serons représentés par le Premier ministre intérimaire, Ghassan Hitto, le chef de la Coalition nationale l'opposition, Ahmed Moaz al-Khatib, et le chef d'état-major de l'Armée syrienne libre (ASL - rébellion), le général Sélim Idriss", a indiqué à l'AFP un responsable de la Coalition, Ahmed Ramadan.

"La délégation doit, pour la première fois, prendre la parole devant un sommet arabe", a-t-il ajouté.

Mais les pays membres restent divisés: l'Irak et l'Algérie ont émis des réserves et le Liban s'est dissocié d'une résolution adoptée le 6 mars au Caire par la Ligue arabe et appelant l'opposition syrienne à "former une instance exécutive pour occuper le siège de la Syrie" et "participer au sommet de Doha".

Neuf pays ont toujours une mission diplomatique à Damas: le Liban, l'Algérie, le Soudan, la Jordanie, l'Egypte, le Yémen, l'Irak, Oman et la Palestine.

La Coalition nationale s'est dotée uniquement d'un Premier ministre, qui ne serait pas en mesure de former un gouvernement avant le sommet arabe.

M. Hitto, élu lundi, "poursuit ses consultations pour former son gouvernement. Il dispose de trois semaines pour mettre sur pied un cabinet de 9 à 12 membres", a expliqué M. Ramadan.

L'élection de M. Hitto "est un pas important mais insuffisant. Nous attendons encore la formation du gouvernement intérimaire", a précisé le responsable de la Ligue sous couvert de l'anonymat.

La Ligue, qui avait en novembre 2011 suspendu Damas pour son refus d'un plan appelant à mettre fin à la violence et prévoyant le départ de M. Assad, a reconnu un an plus tard la Coalition nationale syrienne comme le "représentant légitime" de la Syrie, sous la pression notamment du Qatar, son principal parrain.

Fin 2011, elle avait décidé une série de sanctions contre la Syrie, dont le gel des transactions commerciales avec le gouvernement syrien et de ses comptes bancaires et la suspension des liaisons aériennes avec la Syrie.

Outre le conflit syrien qui, en plus de deux ans a fait plus de 70.000 morts, un million de réfugiés et quatre millions de déplacés, le sommet doit évoquer le processus de paix au Proche-Orient, dans l'impasse depuis deux ans.

"Les participants examineront un plan d'action arabe à l'échelle internationale pour mettre fin à l'occupation israélienne des territoires" palestiniens, a déclaré à l'AFP le secrétaire général adjoint de la Ligue pour les affaires palestiniennes, Mohamed Sobeih.

Le sommet poursuivra l'examen d'un projet de restructuration de la Ligue tendant à dynamiser cette organisation qui, créée en 1945, reste minée par ses divisions internes et l'incapacité de ses membres à se hisser au niveau des pays développés malgré leurs richesses.

Ces pays détiennent 62% des réserves mondiales de brut et 24% des réserves mondiales de gaz. Mais les exportations des pays arabes n'ont représenté en 2010 que 5,8% du total des exportations mondiales.

Soumis à des pressions croissantes depuis le début du Printemps arabe, ils ont décidé au terme d'un sommet économique en janvier de finaliser, avant la fin 2013, la mise en place de la Grande zone franche arabe, approuvé en 1998 avec l'espoir d'éliminer progressivement les barrières douanières et de créer à terme un marché commun.

tm/at/sw

PLUS:afp