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Le magnat russe Boris Berezovski, rival de Poutine, retrouvé mort en Angleterre

23/03/2013 07:54 EDT | Actualisé 23/05/2013 05:12 EDT

LONDRES - Le magnat russe exilé Boris Berezovski, connu pour son franc-parler et qui s'était brouillé avec le président russe Vladimir Poutine, a été retrouvé mort dans le sud-est de l'Angleterre samedi. Il était âgé de 67 ans.

Au cours des dernières années, M. Berezovski, autrefois un homme puissant de la scène politique russe qui est ensuite devenu un virulent critique de M. Poutine, a fait face à plusieurs attaques sur sa fortune et son intégrité dans des causes qui avaient souvent une saveur politique.

Le service de police de Thames Valley a qualifié la mort de M. Berezovski «d'inexpliquée». Les policiers ne l'ont pas identifié directement, mais lorsque des journalistes ont demandé des informations en nommant M. Berezovski, un responsable du service de police a lu un communiqué disant que la police enquêtait sur la mort d'un homme de 67 ans dans un domicile d'Ascot, une ville située à 40 kilomètres à l'ouest de Londres.

Mathématicien puis concessionnaire de Mercedes, M. Berezovski a amassé sa fortune pendant la privatisation chaotique des actifs étatiques russes au début des années 1990. En échange de son appui à l'ancien président Boris Eltsine, il a obtenu du pouvoir politique et la possibilité d'acheter des actifs de l'État à des prix réduits pour ensuite faire sa fortune dans les secteurs du pétrole et de l'automobile.

Il a également joué un rôle clef dans l'ascension du successeur de M. Elstine, Vladimir Poutine, mais il s'est plus tard mis le nouveau leader à dos et a demandé l'asile politique au Royaume-Uni au début des années 2000.

M. Berezovski était l'un parmi plusieurs «oligarques» russes à se brouiller avec M. Poutine. Après avoir accédé au pouvoir, le nouveau président a conclu en quelque sorte un pacte avec les richissimes hommes d'affaires, leur faisant comprendre qu'ils pouvaient garder leur argent s'ils ne le contestaient pas politiquement.

Ceux qui ont refusé le marché se sont retrouvés dans des situations difficiles: l'ancien dirigeant de Yukos Oil, Mikhaïl Khodorkovski, par exemple, a été emprisonné, tandis que d'autres, dont M. Berezovski, ont opté pour l'exil.

Au Royaume-Uni, M. Berezovski est devenu l'allié de plusieurs éminents critiques du Kremlin, parmi eux l'ancien agent du KGB Alexandre Litvinenko, qui a fui la Russie avec l'aide de M. Berezovski après avoir accusé des responsables russes de planifier l'assassinat d'opposants politiques.

M. Litvinenko est mort en 2006 après avoir été empoisonné au polonium-210 à Londres. Sur son lit de mort, il avait accusé le Kremlin d'être responsable de son assassinat.

Le Kremlin avait nié l'allégation et mis la faute sur M. Berezovski, disant qu'il avait tué son ami pour embarrasser le Kremlin et soutenir sa propre demande de statut de réfugié.

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