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Le gouvernement chypriote doit se réunir avec la troïka à Nicosie

23/03/2013 06:02 EDT | Actualisé 23/05/2013 05:12 EDT

Le gouvernement chypriote a indiqué qu'il s'entretiendrait samedi matin avec une délégation de la troïka à Nicosie sur les moyens de lever plusieurs milliards en contrepartie d'un plan de sauvetage, le départ du président à Bruxelles dépendant des résultats de cette réunion.

Les autorités chypriotes sont engagées dans une course contre la montre pour conclure avant lundi avec les partenaires européens ce plan de sauvetage, la Banque centrale européenne (BCE) ayant annoncé qu'elle couperait ce jour-là le robinet des liquidités aux banques, faute d'accord acceptable.

Le gouvernement décidera d'un éventuel départ du président Nicos Anastasiades à Bruxelles à l'issue d'une réunion avec la troïka (BCE-UE-FMI) au ministère des Finances à 11H30 (09H30 GMT), a indiqué Christos Stylianides, le porte-parole du gouvernement, au site internet de la chaîne de télévision Sigmalive.

Selon lui, cette réunion devrait porter sur un projet de loi de taxer les dépôts bancaires de la plus importante banque du pays, Bank of Cyprus, très exposée à la crise de la dette en Grèce, et un vote au Parlement pourrait intervenir samedi ou dimanche.

L'agence officielle CNA avait auparavant annoncé que M. Anastasiades et les leaders des partis se rendraient à Bruxelles à la mi-journée pour des discussions avec les dirigeants de l'Union européenne sur le plan de sauvetage de l'île méditerranéenne.

"Et en fonction du résultat de ces contacts (...), le Parlement examinera la taxe sur les dépôts bancaires soit cette nuit, soit demain matin", indiquait CNA.

La télévision publique a indiqué pour sa part que le président et les chefs de parti se rendraient à Bruxelles après le vote du Parlement.

Pour éviter la banqueroute de l'économie, les députés ont adopté vendredi soir les premières mesures liées au plan, soit une restructuration du secteur bancaire du pays, la création d'un fonds de solidarité et une limitation des mouvements de capitaux pour éviter une trop forte pression sur les banques à leur réouverture, prévue mardi après 10 jours de fermeture.

Ils leur restent à se prononcer sur plusieurs autres lois, dont la plus controversée doit établir une taxe exceptionnelle, qui pourrait s'élever à 15% sur les dépôts bancaires à partir de 100.000 euros, selon la télévision publique. Pour la Bank of Cyprus, très exposée à la dette grecque, cette taxe pourrait être comprise entre 20 à 25%, selon les médias locaux.

Signe de l'importance du dossier pour l'Union européenne, le sommet UE-Japon prévu la semaine prochaine a été reporté, et les ministres des Finances de la zone euro vont se réunir dimanche en fin d'après-midi à Bruxelles pour trouver une solution à la crise, selon plusieurs sources.

Sur l'île, où les banques sont fermées et où tous les virements via internet sont bloqués, la situation devenait critique pour nombre d'entreprises, incapables de payer leurs fournisseurs ou d'être payées.

Chypre doit trouver d'ici lundi 7 milliards d'euros -plus du tiers de son PIB-, pour débloquer l'aide internationale de 10 milliards d'euros de la troïka.

cc/vl/sw

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