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La Syrie rejette le mandat des enquêteurs de l'ONU sur les droits de l'Homme

23/03/2013 09:30 EDT | Actualisé 23/05/2013 05:12 EDT

Les autorités syrienne ont affiché samedi leur "rejet catégorique" de la prolongation d'un an du mandat de la commission d'enquête des Nations unies sur la situation en Syrie, qu'elles ont qualifiée de "biaisée" dénonçant son "parti pris".

"La Syrie rejette catégoriquement cette décision", a déclaré une source officielle à l'agence Sana au lendemain de la décision du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

La résolution de l'ONU a ignoré "le rôle immoral joué par des Etats qui sponsorisent le terrorisme en Syrie, qui finance, entraîne, arme et envoie des terroristes" dans le pays, affirme le régime.

Dans le vocabulaire du pouvoir, le mot "terroriste" qualifie les rebelles hostiles à Bachar al-Assad.

Pour Damas, cette résolution reflète la "politique de deux poids, deux mesures pratiquée par certains pays qui affirment défendre les droits de l'Homme" et assure qu'il s'agit "d'une couverture politique offerte aux crimes commis par des groupes terroristes", qui veulent renverser le régime.

La résolution, déposée par la Jordanie, le Koweït, le Maroc, le Qatar, l'Arabie Saoudite, la Tunisie et les Emirats arabes unis, a été acceptée par 41 voix pour, 1 contre et 5 abstentions (Equateur, Inde, Philippines, Ouganda et Kazakhstan).

Seul le Venezuela, qui a soutenu le président Bachar al-Assad face au soulèvement, s'est opposé au projet, estimant que ceux qui soutenaient la résolution souhaitaient un "changement de régime" en Syrie où le conflit armé a fait plus de 70.000 morts depuis mars 2011, selon les estimations de l'ONU.

Contrairement aux autres sessions, la Russie et la Chine n'ont pas voté contre --comme ils l'ont habituellement fait lors de résolution sur la Syrie-- car ils ne sont plus membres du Conseil (les membres du Conseil sont élus pour trois ans).

Concrètement, la résolution proroge le mandat de la commission et lui demande de présenter un "rapport écrit sur la situation (...) dans le cadre d'un dialogue qui aura lieu durant les 23e session (27 mai-14 juin), 24e session (9-27 septembre) et 25e session (février-mars 2014) du Conseil".

Elle souligne l'importance de demander des comptes aux responsables des abus et toutes violations du droit international "commis par toutes les parties".

rim/rd/sk/sw

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