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Crise financière: toujours pas d'accord à Chypre les négos reprennent dimanche

23/03/2013 01:17 EDT | Actualisé 23/05/2013 05:12 EDT

NICOSIE, Chypre - Des officiels de Chypre et des représentants internationaux ont mis fin à de pénibles négociations aux petites heures du matin dimanche sans être parvenus à une entente sur la façon de lever les fonds nécessaires pour obtenir une aide d'urgence internationale et ainsi éviter la faillite.

Les pourparlers devraient reprendre plus tard dimanche à Bruxelles, mais il reste peu de temps: s'ils échouent, la Chypre pourrait devoir déclarer faillite dans seulement deux jours, et possiblement quitter la zone euro.

Le président Nicos Anastasiades et le ministre des Finances Michalis Sarris se rendront dans la capitale belge tôt dimanche. Un plan viable doit être en place avant la rencontre, dans la soirée, des ministres des Finances des 17 pays qui emploient l'euro.

Dans un communiqué, le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides, a avoué que les négociations étaient à un stade «très délicat» et que la situation était, selon le gouvernement, «très difficile avec des marges de manoeuvre limitées».

Chypre a reçu l'ordre de réunir 5,8 milliards d'euros (7,5 milliards $) afin d'avoir accès à un prêt d'urgence de 10 milliards d'euros de la part de pays européens de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI).

Le FMI, la Banque centrale européenne et la Commission européenne — une association surnommée la troïka — détermineront si le plan des chypriotes répond aux exigences d'une aide d'urgence internationale. Ensuite, le plan sera présenté aux ministres des Finances pour approbation finale.

La Banque centrale européenne a indiqué qu'elle arrêterait de fournir des fonds d'urgence aux banques de Chypre après lundi si aucun plan n'était en place. Sans son appui, les banques du pays s'effondreront mardi, ce qui provoquerait la faillite du pays et sa potentielle sortie de la zone euro.

Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn a déclaré depuis Bruxelles que les négociations continueraient dans les heures à venir.

«Nous reconnaissons le progrès fait par le gouvernement chypriote vers une solution qui ouvrira la voie à un programme d'aide financière pour Chypre», a-t-il fait valoir.

À Bruxelles, M. Anastasiades rencontrera la chef du FMI, Christine Lagarde, et d'autres responsables européens avant la réunion cruciale de l'Eurogroupe.

Les parlementaires de l'île ont rejeté un premier plan qui proposait de saisir jusqu'à 10 pour cent de l'argent se trouvant dans les comptes bancaires des citoyens, et ils cherchent désespérément une solution de rechange.

L'idée d'une saisie quelconque des dépôts bancaires est toutefois revenue après que Chypre eut échoué dans sa tentative d'obtenir une aide financière de la Russie.

Tard samedi, un fonctionnaire du ministre des finances avait indiqué qu'une entente était «très proche» et engloberait probablement une taxe allant de 20 à 25 pour cent sur les dépôts bancaires de plus de 100 000 euros à la Banque de Chypre, qui fait face à de grandes difficultés.

Mais un dirigeant bancaire a ensuite annoncé qu'aucun accord n'était imminent et qu'il n'y aurait probablement pas d'entente avant dimanche matin. Les deux responsables ont parlé sous couvert de l'anonymat car ils n'étaient pas autorisés à discuter des négociations, qui étaient toujours en cours.

Un responsable du ministre des finances, qui ne voulait pas non plus être identifié, a dit que de nouvelles lois pourraient ne pas être nécessaires si les négociateurs optaient pour une «contribution volontaire» des comptes d'épargne de la Banque de Chypre contenant plus de 100 000 euros.

Une autre option serait d'imposer une taxe moins élevée sur tous les dépôts bancaires de plus de 100 000 euros.

Nicosie a fait un pas dans la bonne direction vendredi soir en approuvant neuf projets de loi qui permettront notamment de restructurer les banques, de limiter les transactions financières en temps de crise et de créer un fonds de solidarité.

Samedi, des milliers d'employés d'institutions bancaires chypriotes craignant de perdre leur emploi ont manifesté dans le centre-ville de la capitale, certains portant autour du cou des affiches sur lesquels était inscrit «Non, à la faillite de Chypre».

Les banques chypriotes ont été fermées toute la semaine pendant la négociation du plan, et ne devaient pas rouvrir avant mardi.

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