POLITIQUE

Premier conseil général de la CAQ depuis le scrutin du 4 septembre

23/03/2013 05:10 EDT | Actualisé 23/05/2013 05:12 EDT
CP

BOUCHERVILLE, Qc - Après le Plan nord des libéraux, la Coalition avenir Québec (CAQ) propose le «Projet Saint-Laurent» comme nouveau fer de lance du développement économique québécois.

Au premier jour du conseil général de la CAQ, samedi à Boucherville, le chef caquiste François Legault a exposé à ses troupes son ambition de faire de la vallée du Saint-Laurent la version québécoise de la prospère Sillicon Valley californienne.

Avec ce projet qu'il qualifie de «rassembleur», M. Legault espère rompre avec le discours d'austérité qui colore sa formation depuis la dernière campagne électorale.

Pendant son allocution d'ouverture, le leader de la CAQ a dit vouloir associer les universités aux entreprises afin qu'émerge «une activité économique de pointe» le long du fleuve, creuset du peuplement européen en Amérique du Nord.

«Ce sera le point de départ d'une nouvelle conquête, non plus à l'échelle d'un continent mais de la planète. Mon rêve, c'est de faire de la vallée du Saint-Laurent une vallée de l'Innovation, un endroit où l'imagination et la créativité deviendront le moteur de notre relance économique», a déclaré M. Legault, devant environ 400 militants.

Au Québec, l'aide gouvernementale aux entreprises et la panoplie de crédits d'impôt «ne donnent pas de bons résultats», a martelé le chef caquiste. Il suggère d'éliminer la moitié des crédits d'impôt afin de dégager une somme de 2 milliards $ par année pour soutenir «de nouvelles entreprises technologiques» implantées dans la vallée. Les grandes universités et leurs laboratoires de recherche — McGill, Montréal, Laval et Sherbrooke — seraient engagées dans ce nouveau «pôle d'innovation».

M. Legault a cité en exemple la Silicon Valley en Californie qui s'est développée autour des universités Stanford et Berkeley. A cela s'ajoutent la Route 128 en Nouvelle-Angleterre entre Harvard et le MIT et la Tech City britannique, créée dans l'Est de Londres en 2010 et qui compte aujourd'hui plus de 200 entreprises.

En point de presse, le chef caquiste s'est défendu de vouloir abandonner les régions à leur sort en concentrant tout le développement économique entre Montréal et Québec.

«On ne peut pas continuer, pour ne pas déplaire à personne, de saupoudrer partout. Il faut concentrer nos efforts et c'est pour ça qu'on dit, partons de la vallée du Saint-Laurent et ensuite il pourrait y avoir des pôles en Abitibi, en Outaouias et au Saguenay», a justifié M. Legault.

«Avec le Projet Saint-Laurent, on va être capable d'amener des universités, d'ouvrir le fleuve aux municipalités et aux gens, de développer notre industrie touristique de Sept-Iles jusqu'à Montréal en passant par le fjord du Saguenay», a renchéri le député de Granby, François Bonnardel.

Engagé sur cette voie, le Québec pourrait, selon la CAQ, parvenir sur une période de dix ans à combler l'écart de richesse qui le défavorise comparativement à la moyenne canadienne.

Mais d'ici là, l'État devra faire de l'éducation sa priorité absolue, a soulevé M. Legault, dénonçant au passage les coupes du gouvernement Marois dans les universités.

«C'est pour ça que les compressions du gouvernement Marois dans les universités et dans les fonds de recherche sont absolument déplorables. C'est une politique à courte vue, sans vision d'avenir, qui impose le nivellement par le bas», a affirmé le chef de la CAQ sous les applaudissements des militants.

Dans un tel contexte, il n'est pas étonnant que le gouvernement de Pauline Marois soit aussi impopulaire à peine six mois après avoir succédé aux libéraux, a estimé M. Legault.

«En six mois, elle a réussi à atteindre des scores (d'impopularité) que Jean Charest avait mis 9 ans à obtenir. Faut croire qu'avoir les deux mains sur le volant ça donne les mêmes résultats qu'avoir les deux mains sur les casseroles», a-t-il ironisé.

Le chef caquiste précisera un peu plus dimanche au dernier jour du conseil général ses visées pour la vallée du Saint-Laurent. Même s'il ne renie pas le Plan nord du gouvernement précédent, du moins officiellement, M. Legault a clairement les yeux rivés ailleurs.

«Le Plan nord, pour moi, ce n'est pas visionnaire, ça touche les richesses naturelles, ça a été présenté au moment où il y avait un boom minier. Bien honnêtement, aujourd'hui, si on exclut l'or, le prix de la plupart des métaux a baissé et le Plan nord est pas mal moins porteur», a-t-il analysé.

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