NOUVELLES

USA: les autorités tancent Boeing sur ses déclarations optimistes sur le 787

22/03/2013 12:19 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

Les autorités américaines ont envoyé une lettre au constructeur aéronautique américain Boeing pour se plaindre de ses déclarations optimistes sur le fait que le 787, long courrier interdit de vol depuis la mi-janvier pour problèmes de batteries, pourrait revoler bientôt.

Dans une missive datée de jeudi et consultée vendredi sur le site internet de la Commission américaine sur la sécurité des transports (NTSB), le directeur juridique de cet organisme, David Tochen, rappelle à son homologue chez Boeing, Brett Gerry, "ses obligations en tant que partie dans l'enquête" gouvernementale sur le 787.

Boeing a travaillé "efficacement" avec la NTSB et ses services de communication depuis le début de l'affaire et "connaît les procédures d'enquête de la NTSB", remarque M. Tochen.

"Le fait que le groupe n'ait pas informé la NTSB du contenu de la conférence de presse tenue à Tokyo (le 15 mars) à l'avance est contraire à nos attentes de la part d'une société partie prenante à l'une de (nos) enquêtes", dénonce M. Tochen.

Le 15 mars à Tokyo, le directeur de la branche d'aviation civile de Boeing, Ray Conner, avait affirmé que le 787, surnommé le "Dreamliner", était un avion "absolument sûr" et que "la reprise des vols commerciaux (était) sans doute plus une question de semaines que de mois".

Après l'incident du 7 janvier, un autre problème de batterie sur un 787 de la compagnie ANA, obligé de faire un atterrissage d'urgence au Japon, avait eu lieu la semaine suivante, entraînant l'interdiction de vol des 787 dans le monde --soit 50 avions cloués au sol.

Or, "le souci premier de la NTSB est que pendant la conférence de presse du 15 mars à Tokyo sur les modifications que" Boeing a proposé d'apporter à ses batteries pour éviter que les incidents sur les batteries ne se reproduisent, "les représentants de Boeing ont fourni leurs propres conclusions et analyses sur l'enquête encore en cours de la NTSB", a souligné une porte-parole de l'agence gouvernementale, dans une déclaration par courriel envoyée à l'AFP.

Un porte-parole de Boeing joint par l'AFP a admis que le constructeur aéronautique avait "reçu la correspondance" de la NTSB et restait "pleinement mobilisé pour aider la NTSB et les autres organisations de régulation dans leur enquête sur les causes des incidents sur les batteries de 787".

Mike Sinnett, ingénieur en chef du programme 787 chez Boeing, avait notamment affirmé que lors des incidents du 7 et 16 janvier, à Boston puis au Japon, les batteries en question n'avaient pas "brûlé", mais "ventilé".

Selon lui, "l'électrolyte s'est échappé, a noirci la batterie en dégageant des émanations qui ressemblent à de la fumée, mais ce n'est pas le résultat d'une combustion".

Or, les autorités américaines sont formelles sur le fait qu'il y a eu un feu sur la batterie du 787 de JAL à Boston le 7 janvier.

Lors de cette conférence de presse, Boeing avait détaillé les modifications qu'il compte apporter à ses batteries pour éviter qu'un éventuel court-circuit ne puisse entraîner un feu dans toute la batterie.

Le 12 mars, il avait obtenu aux Etats-Unis l'autorisation de tester les solutions préconisées, selon un protocole très strict défini par l'Agence fédérale américaine de l'aviation (FAA).

ved/soe/mdm

PLUS:afp