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Un attentat dans une mosquée à Damas fait 49 morts, dont un leader sunnite

22/03/2013 07:04 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

BEYROUTH - Le président syrien a promis, vendredi, de nettoyer le pays des extrémistes musulmans qui, selon lui, ont perpétré l'attentat-suicide qui a fait des dizaines de morts jeudi soir, tuant notamment un important leader religieux qui comptait parmi les principaux partisans du régime.

Bachar el-Assad a lancé cet avertissement après que les autorités aient porté à 49 le nombre de personnes qui ont perdu la vie quand un kamikaze s'est donné la mort dans une mosquée au coeur de la capitale syrienne, Damas.

La puissante explosion s'est produite alors que le cheikh Mohammed Saïd Ramadan al-Bouti, un dignitaire et intellectuel religieux âgé de 84 ans, donnait une leçon à la mosquée d'Eman dans le quartier de Mazraa à Damas.

Le petit-fils du cheikh al-Bouti a aussi été tué et 84 autres personnes ont été blessées.

Le cheikh al-Bouti est le leader religieux le plus important à être tué depuis le début de la guerre civile syrienne, il y a deux ans. Son assassinat met en évidence les failles de la sécurité dans la capitale syrienne.

La mort du cheikh porte un coup dur au président syrien, qui se bat essentiellement contre des sunnites qui cherchent à le renverser. M. al-Bouti soutenait le régime depuis ses débuts sous le règne du père et prédécesseur de Bachar el-Assad, l'ancien président Hafez el-Assad.

Les musulmans sunnites sont majoritaires en Syrie alors que les alaouites, branche de l'islam chiite à laquelle appartient Assad, sont minoritaires.

Le disparu était une figure familière pour les Syriens puisque la télévision présentait ses sermons en direct à chaque semaine et qu'il avait sa propre émission religieuse.

Le principal groupe syrien d'opposition, la Coalition nationale syrienne, a condamné l'attentat et exprimé sa solidarité au peuple syrien, laissant entendre que l'attaque pourrait avoir été perpétrée par le régime lui-même.

Le régime Assad «n'hésite pas à bombarder des mosquées, des universités, des boulangeries et des zones résidentielles avec des missiles Scud, a dit le groupe par voie de communiqué. Rien n'empêche ce régime de lancer des bombardements, tuant sans gêne le peuple syrien».

Ailleurs en Syrie, les militants ont rapporté une poursuite des combats dans la province d'Alep, dans le nord du pays, dans les banlieues de Damas et dans la province méridionale de Daraa. L'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, déplore 15 morts, dont 11 rebelles, lors des combats qui ont éclaté près de la frontière avec la Jordanie.

À Genève, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a voté, à 41 voix contre 1, en faveur d'une prolongation de son enquête sur les crimes qui seraient commis en Syrie. L'enquête menée par quatre experts indépendants se poursuivra jusqu'en mars 2014, soit pendant six mois de plus que ce qui était prévu. Seul le Venezuela s'est opposé à la mesure.

Des affrontements entre partisans du régime syrien et partisans de l'insurrection se sont aussi produits au Liban, dans la ville portuaire de Tripoli, faisant six morts. Le Liban partage les mêmes rivalités politiques et sectaires que celles qui prévalent en Syrie.

Enfin, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se rencontraient en Irlande à compter de vendredi. Ils discuteront de nouveau de la crise syrienne, notamment en ce qui concerne la fourniture éventuelle d'armes aux rebelles. L'Union européenne demeure forement divisée sur la question.

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