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"Plan B" à Chypre: projets de loi réexaminés, séance du Parlement retardée

22/03/2013 04:44 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

La séance exceptionnelle du Parlement chypriote prévue vendredi matin a été retardée en raison du réexamen des projets de loi destinés à lever des milliards d'euros afin de pouvoir s'assurer un plan de sauvetage européen et éviter la faillite, selon les médias.

Les députés avaient été convoqués à 10H00 (08H00 GMT) mais la séance a été retardée car la commission parlementaire des finances réexamine ces projets, a-t-on précisé.

Sous pression de l'Eurogroupe et après avoir été lâché par les Russes, le gouvernement cherche à trouver un plan B acceptable pour les Européens après le rejet mardi par le Parlement chypriote d'un premier projet d'une taxe sur les comptes bancaires qui devait rapporter 5,8 milliards d'euros.

Les responsables de l'île sont engagés dans une course contre la montre, la Banque centrale européenne (BCE) ayant annoncé qu'elle couperait lundi le robinet des liquidités aux banques chypriotes, à moins d'un accord acceptable entre Nicosie et ses bailleurs de fonds.

Les banques, fermées depuis le 16 mars, ne devraient rouvrir que mardi en principe en raison des craintes de retraits massifs de fonds. La Bourse est également fermée.

Le président Nicos Anastasiades a réuni jeudi pendant plusieurs heures ses ministres et les chefs des partis politiques et décidé notamment d'une restructuration du système bancaire, plombé par son exposition à la dette grecque et menacé de banqueroute.

Ils ont élaboré un projet de loi prévoyant l'instauration d'un fonds de solidarité, aux contours encore très flous, et un autre sur la limitation des mouvements de capitaux, points clés du plan B, qui doivent être soumis au vote du Parlement vendredi.

La zone euro s'est dite prête à discuter d'une nouvelle proposition de Nicosie, attendue "le plus rapidement possible", selon le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. Une nouvelle réunion à Bruxelles devrait se tenir dimanche, a-t-on appris de source européenne.

D'autre part, Moscou, vers qui Chypre s'était tourné pour tenter de trouver de l'aide, a annoncé vendredi matin l'échec de négociations avec Nicosie, faute d'intérêt des sociétés russes pour les propositions d'investissements dans les secteurs énergétique et bancaire.

La zone euro est toujours disposée à venir en aide à Chypre "à condition que les paramètres définis au préalable soient respectés", affirme M. Dijsselbloem.

Les bailleurs de fonds potentiels de Nicosie -UE et FMI- refusent de lui prêter plus de 10 milliards d'euros car ils tiennent à ce que sa dette n'aille pas au-delà de 100% du PIB en 2020. Chypre ayant besoin de 17 milliards, à charge donc de Nicosie de lever les 7 milliards restants.

cc/vl

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