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Obama réconcilie Israël et la Turquie avant de passer au conflit syrien

22/03/2013 12:41 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

Barack Obama a réussi à réconcilier vendredi Israël et la Turquie, en froid depuis 2010, à la fin de sa visite officielle en Terre sainte, avant de se tourner vers le conflit syrien à l'occasion d'une visite en Jordanie.

Dans un geste spectaculaire, juste avant le départ du président américain, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté ses excuses au chef du gouvernement turc Recep Tayyip Erdogan pour la mort de neuf Turcs lors de l'arraisonnement d'une flottille pour Gaza en 2010.

Les deux dirigeants sont convenus de normaliser les relations, y compris diplomatiques, entre leurs deux pays, selon un communiqué de M. Netanyahu.

M. Obama a bouclé son premier voyage présidentiel en Israël et dans les Territoires par des visites symboliques à Jérusalem et à Bethléem.

A Jérusalem, il s'est recueilli sur les tombe de Theodor Herzl, père du sionisme, et Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien assassiné en 1995, y plaçant des pierres selon la coutume juive, avant de se rendre au mémorial de la Shoah de Yad Vashem.

M. Obama a ensuite déjeuné avec M. Netanyahu. La discussion a porté sur "une série de défis de sécurité nationale ainsi que sur le processus de paix avec les Palestiniens", selon un responsable israélien. "Le Premier ministre a insisté sur l'importance de la sécurité dans ce processus".

Dans l'après-midi, le président américain a effectué une brève visite à la basilique de la Nativité, lieu de naissance de Jésus selon la tradition chrétienne, à Bethléem en Cisjordanie, où il a été accueilli par le président palestinien Mahmoud Abbas.

Accompagné de son secrétaire d'Etat John Kerry et de M. Abbas, il a passé une vingtaine de minutes dans la basilique, premier site palestinien inscrit en juin 2012 au Patrimoine mondial de l'Organisation de l'ONU pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), un vote critiqué par les Etats-Unis.

Une tempête de sable a empêché M. Obama de faire le trajet comme prévu en hélicoptère. Il est donc allé à Bethléem et en est reparti en limousine, ce qui lui a donné l'occasion de voir la barrière de séparation israélienne en Cisjordanie.

Jeudi, dans un discours vibrant à 2.000 jeunes Israéliens à Jérusalem, point fort de sa visite, le président américain a exhorté Israël et les Palestiniens à choisir la paix, sans toutefois tracer de voie pour parvenir à une solution à deux Etats.

"Le but de la visite d'Obama en Israël a été atteint: il a gagné le coeur des Israéliens", résumait vendredi le quotidien israélien Haaretz.

"Obama a choisi d'appeler les jeunes à se révolter contre la classe politique. Les politiques ne le feront pas (agir pour la paix avec les Palestiniens, NDLR), leur a-t-il dit. Il avait dit des choses similaires aux étudiants égyptiens il y a quatre ans à l'Université du Caire", confirmait l'éditorialiste du quotidien populaire Yediot Aharonot.

Les dirigeants palestiniens n'ont en revanche guère à se mettre sous la dent, même si le ministère des Finances a indiqué sur son site que 200 millions de dollars (154 M EUR) d'aide américaine bloqués depuis des mois au Congrès avaient été versés en février, à l'approche de la visite.

Un responsable américain a confirmé que cette aide programmée pour 2013 avait été libéré, et précisé que l'administration Obama s'efforçait d'obtenir du Congrès le déblocage de près de 500 millions de dollars d'assistance financière datant de 2012.

Le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a affirmé vendredi ne "pas être surpris" des résultats de "la visite d'Obama, destinée à rassurer l'occupation face aux changements et aux succès de la résistance, consolider l'occupation, légaliser la colonisation et utiliser l'Autorité comme instrument de protection de l'occupation".

Dans son prêche du vendredi, M. Haniyeh a exhorté M. Abbas à "ne pas tomber dans le piège du soutien financier et politique américain au détriment de la restauration de l'unité" palestinienne.

M. Kerry doit revenir samedi soir à Jérusalem, après avoir accompagné M. Obama dans sa visite de 24 heures en Jordanie, afin de discuter des prochaines étapes du processus de paix avec M. Netanyahu.

Après avoir consacré une grande partie de sa visite en Israël au nucléaire iranien et assurer les responsables israéliens du soutien "éternel" des Etats-Unis, M. Obama va s'occuper en Jordanie de la guerre en Syrie qui a fait plus de 70.000 morts et plus d'un million de réfugiés en deux ans selon l'ONU.

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