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Obama a charmé l'opinion israélienne

22/03/2013 09:06 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

Un des buts déclarés de Barack Obama, en venant en Israël, était de s'adresser au "peuple" par-dessus la tête des dirigeants. Mission accomplie, selon les commentateurs, qui saluent vendredi le plaidoyer brillant qu'il a prononcé devant des jeunes en faveur de la paix.

La méfiance des Israéliens à l'égard du président américain, qu'ils considéraient comme trop favorable aux Palestiniens lors de son premier mandat, n'est plus de mise après son discours jeudi devant plus de 2.000 étudiants israéliens enthousiastes, soulignent les médias.

Tous reviennent sur sa phrase, dont la seconde partie prononcée en hébreu: "Tant que les Etats-Unis sont là vous n'êtes pas seuls".

"Le discours d'Obama a été unique et spécial, construit sur une combinaison habile de large coup d'oeil historique, d'une vision morale du monde, d'expériences du terrain, d'émotion, de chaleur et de critiques ciblées", s'enthousiasme l'influent éditorialiste du Yédiot Aharonot Nahum Barnéa.

"Jusqu'à sa visite, les Israéliens lui prêtaient une vision anti-israélienne" ajoute-t-il, "ce temps est révolu".

Pour une autre commentatrice du quotidien populaire, le président américain a rassuré son audience, en particulier sur son attachement à la sécurité d'Israël. "Si le but d'Obama était d'adoucir les coeurs avant de mettre de nouvelles initiatives sur la table, il y est parvenu, et comment", écrit-elle.

Une opinion partagée par Elie Podeh, spécialiste du Proche-Orient à l'Université hébraïque de Jérusalem, qui parle de "nouvelle tactique, la tactique de l'accolade". "Il essaie de prendre dans ses bras le public israélien pour voir s'il peut avancer de cette façon", analyse-t-il.

Tout en assurant son audience du soutien indéfectible des Etats-Unis, le président américain l'a appelée à prendre son destin en main et à pousser la classe politique à la paix avec les Palestiniens.

"Obama a replacé le dossier palestinien et l'occupation de la Cisjordanie au coeur du débat en Israël. Son discours, à la fois enthousiasmant et déprimant, associant une accolade chaleureuse et un coup de poing dans le ventre", relève le correspondant diplomatique de Haaretz (gauche) Barak Ravid.

"Mettez-vous à la place des Palestiniens", a lancé le président américain aux jeunes Israéliens. "Il n'est pas juste qu'un enfant palestinien ne puisse grandir dans son propre Etat et qu'il ait à vivre en présence d'une armée étrangère (...) que la violence des colons contre les Palestiniens reste impunie".

"Obama a essayé de convaincre les Israéliens - un instant au moins - de chasser leur paranoïa et leurs peurs, de leur rappeler qu'ils ont une démocratie vivace, qu'ils sont une puissance régionale militaire et économique alliée à la première puissance mondiale. Seuls les Israéliens qui sentent cela seront prêts à prendre le risque de la paix", explique Barak Ravid.

Mais la seule puissance du verbe de l'hôte de la Maison Blanche suffira-t-elle?

"Il nous laisse un merveilleux discours, mais la même impasse qu'avant son arrivée", tranche Nahum Barnéa.

Côté palestinien, le ton est plus acide encore.

"Je n'ai jamais vu un président lécher les bottes des Israéliens comme l'a fait Barack Obama, dans l'exaltation de leurs réalisations et de leur histoire", écrit le rédacteur en chef palestinien du quotidien panarabe Al-Quds al-Arabi, Abdel Bari Atwan.

"Avec des positions aussi alignées sur celles de ses homologues israéliens", prévient-il, "nous, Arabes et musulmans, devons nous attendre à quatre années --durée du mandat d'Obama-- de vaches maigres, et à quatre années de vaches grasses pour les Israéliens et leur gouvernement de droite extrémiste".

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