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Netanyahu et Erdogan soldent le contentieux de la flottille

22/03/2013 12:53 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté ses excuses au chef du gouvernement turc Recep Tayyip Erdogan pour la mort de neuf Turcs à bord d'une flottille pour Gaza en 2010, pavant la voie à une normalisation des relations.

Le règlement de ce contentieux, qui empoisonne les relations israélo-turques depuis près de trois ans, est l'ultime succès diplomatique arraché par le président américain Barack Obama lors de sa visite en Israël, qui s'est achevée vendredi.

L'appel téléphonique a été passé par M. Netanyahu à M. Erdogan d'une caravane à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, juste avant le décollage de l'avion présidentiel, a indiqué à l'AFP un haut responsable américain.

"M. Netanyahu a parlé aujourd'hui avec le Premier ministre Erdogan. Tous deux sont convenus de normaliser les relations entre les deux pays, y compris le retour des ambassadeurs", a affirmé l'entourage du Premier ministre israélien.

"Le Premier ministre Netanyahu a présenté ses excuses au peuple turc pour toute erreur ayant pu conduire à la perte de vies et accepté l'indemnisation" des victimes, assurant que "les résultats tragiques de la flottille du Mavi Marmara n'étaient pas intentionnels", a confirmé un communiqué de son bureau.

M. Erdogan a accepté ces excuses "au nom du peuple turc" et les deux dirigeants "sont convenus de la conclusion d'un accord pour une indemnisation" des familles des victimes, selon un communiqué de ses services.

Déjà tendues depuis l'opération israélienne meurtrière "Plomb durci" dans la bande de Gaza (décembre 2008/janvier 2009), les relations entre la Turquie et Israël, alliés stratégiques dans les années 1990, se sont brutalement dégradées le 31 mai 2010 lors de l'assaut israélien contre une flottille tentant de briser le blocus israélien du territoire palestinien gouverné par le Hamas.

Neuf passagers du navire turc Mavi Marmara avaient été tués, provoquant une crise diplomatique entre les deux pays. Ankara a abaissé le niveau de sa représentation diplomatique en Israël, dont il a expulsé l'ambassadeur, et suspendu la coopération militaire.

Auparavant, le président américain s'était félicité dans un communiqué d'une conversation téléphonique vendredi entre MM. Netanyahu et Erdogan, souhaitant le "rétablissement de relations positives" entre ces deux alliés de Washington.

A Gaza, le Hamas a jugé que les excuses israéliennes étaient "tardives", soulignant qu'elles reflétaient "la peur d'Israël face aux bouleversements régionaux".

Selon un responsable du Hamas, M. Erdogan a téléphoné au chef du Hamas, Khaled Mechaal, pour "l'informer des regrets de Netanyahu, et lui dire qu'Israël avait accepté les conditions turques à la normalisation: des excuses, un aveu de responsabilité et la fin du blocus".

Côté israélien, l'ex-ministre des Affaires étrangères, le nationaliste Avigdor Lieberman, a fulminé contre une "grave erreur" qui "sape le moral de l'armée".

Sa prédécesseur en revanche, Tzipi Livni, une modérée, s'est félicitée d'"une décision très importante et correcte au regard des intérêts communs à Israël, à la Turquie et aux Etats-Unis, surtout à la lumière des évènements en Syrie".

Le nouveau ministre de la Défense Moshé Yaalon et le chef d'état-major Benny Gantz ont approuvé la démarche de M. Netanyahu.

En février, le porte-parole de l'administration militaire israélienne dans les Territoires palestiniens, le commandant Guy Inbar, avait annoncé qu'Israël avait autorisé Ankara à faire entrer des équipements médicaux pour un hôpital construit dans la bande de Gaza par la Turquie sans coordination avec l'Etat hébreu.

En janvier 2011, une commission israélienne chargée de statuer sur la conformité au droit international du blocus maritime de Gaza et de l'arraisonnement en avait sans surprise affirmé la légalité.

Une enquête de l'ONU avait abouti en septembre 2011 à des conclusions juridiques similaires, considérant le blocus comme une "mesure de sécurité légitime", mais dénonçant un recours à la force "excessif et déraisonnable" lors de l'assaut.

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