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Émeutes en Birmanie: le président Thein Sein proclame l'état d'urgence

22/03/2013 07:22 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

RANGOON, Myanmar - Au moins 20 personnes ont été tuées dans une ville du centre de la Birmanie au cours des derniers jours, alors que des foules en colère ont mis le feu aux commerces et aux résidences de leur concitoyens musulmans.

Plus de 6000 personnes se retrouvent maintenant à la rue.

Reconnaissant la gravité de la situation, le président birman Thein Sein a proclamé vendredi l'état d'urgence dans la ville de Meikhtila. Cette décision permet à l'armée de prendre le contrôle administratif de la ville et de ses environs.

La violence rappelle les affrontements mortels qui ont opposé, l'an dernier, des bouddhistes de l'ethnie rakhine à des musulmans de l'ethnie rohingya dans l'ouest du pays. Ces affrontements avaient fait environ 200 victimes et 100 000 sans-abri.

Meikhtila était tendue, mais calme, vendredi.

Les émeutes ont éclaté après une querelle entre un marchand d'or musulman et ses clients bouddhistes. Un moine bouddhiste a compté parmi les premières victimes, après quoi une foule bouddhiste a semé la destruction dans un quartier musulman.

Les violences se sont poursuivies jeudi. Vendredi, un politicien local appartenant à la formation de l'opposante Aung San Suu Kyi a indiqué avoir compté au moins 20 cadavres. Il a ajouté que 1200 familles musulmanes, représentant quelque 6000 personnes, avaient fui leurs domiciles pour se réfugier dans un stade et un commissariat de police.

Vendredi, les policiers ont arrêté des dizaines de pillards en plus de confisquer des couteaux, des épées, des marteaux et des gourdins à des jeunes hommes qui circulaient dans les rues. Des maisons musulmanes brûlaient toujours, mais des bouddhistes en colère empêchaient les pompiers d'éteindre les flammes.

Plusieurs moines ont aussi accosté et menacé des journalistes qui tentaient de couvrir les événements. Un moine dont le visage était couvert a menacé un journaliste de l'Associated Press avec un poignard de 30 centimètres, réclamant qu'il lui remette sa caméra. Le photographe s'en est tiré en donnant la carte-mémoire de son appareil à son agresseur.

Les neuf journalistes se sont ensuite réfugiés dans un monastère, où ils ont attendu que des policiers puissent les escorter pour quitter les lieux.

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