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La démission du premier ministre libanais plonge le pays dans l'incertitude

22/03/2013 02:51 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

Le premier ministre libanais Najib Mikati a annoncé sa démission vendredi. Son départ survient à la suite d'une impasse politique dans laquelle se trouvait son gouvernement.

Un conseil des ministres tenu jeudi devait trancher sur deux points de désaccord entre les membres du cabinet : la prolongation du mandat du chef des Forces de la sécurité intérieure (police), le général Achraf Rifi, qui se termine à la fin du mois, et la mise en place d'une commission de supervision des prochaines élections législatives.

Le conseil des ministres s'est achevé sans résultat.

« J'annonce la démission du gouvernement en espérant que cela fera prendre conscience aux principaux blocs politiques au Liban de la nécessité d'assumer leurs responsabilités et de faire preuve de cohésion pour éviter l'inconnu », a-t-il déclaré.

M. Mikati a appelé à la « formation d'un gouvernement de salut national où toutes les forces politiques libanaises seront représentées afin de sauver la patrie et de suivre les événements régionaux avec un grand esprit de responsabilité collective ».

La chute du gouvernement et l'absence d'accord sur la loi électoral entraîneront forcément le report des législatives qui doivent avoir lieu en juin.

Najib Mikati avait été nommé premier ministre en 2011, après la chute du gouvernement d'union de son prédécesseur, Saad Hariri, précipitée par le Hezbollah et ses alliés.

Le premier ministre démissionnaire a gouverné un pays déstabilisé par le conflit qui se déroule depuis deux ans en Syrie voisine.

Le conflit syrien a débordé au Liban et attisé des tensions entre les différentes communautés du pays, allant jusqu'à provoquer des affrontements meurtriers entre partisans et adversaires du régime syrien, notamment à Tripoli, la grande ville du nord.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, 5 personnes ont été tuées, dont un soldat, et 26 ont été blessées lors d'affrontements dans le quartier sunnite de Bab el-Tebbaneh, hostile au régime du président syrien Bachar Al-Assad, et dans celui de Jabal Mohsen, alaouite et favorable au pouvoir syrien.

L'inévitable Hezbollah

C'est le même Hezbollah qui a porté au pouvoir Najib Mikati, qui l'a poussé vers la sortie.

Un des points de discorde du gouvernement était la refonte de la loi électorale. Les partis chrétiens voudraient changer cette loi datant de 1960, car ils l'estiment défavorable à leur communauté. Selon eux, les circonscriptions actuelles favorisent les musulmans qui, plus nombreux, peuvent choisir les députés chrétiens qui leur conviennent.

Devant l'impossibilité de rédiger une nouvelle loi, faute de temps, le premier ministre a tenté de proposer un compromis en mettant en place une commission de supervision des élections. Mais cette proposition a été rejetée, notamment par le Hezbollah.

La prolongation du mandat du chef de la police n'était pas non plus du goût du Hezbollah qui voit en lui un adversaire favorable aux thèses de l'ex-premier ministre Saad Hariri et de ses alliés chrétiens du mouvement du 14 mars.

Ainsi en bloquant la prolongation du mandat, le Hezbollah ouvre la course à la succession de ce poste sensible. Selon le quotidien libanais Ennahar, le Hezbollah et ses alliés du 8 mars vont soutenir la candidature d'Ali El Haj. Un homme réputé proche d'eux.

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