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Jordanie: les réserves d'eau sous la pression des réfugiés syriens (ONG)

22/03/2013 01:30 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

Les réfugiés syriens en Jordanie poussent à leur limite les maigres réserves d'eau du royaume hachémite, ont indiqué vendredi dans un communiqué deux agences d'aide britanniques, appelant la communauté internationale à aider les autorités du pays.

"L'urgence du dossier des réfugiés syriens souligne l'un des problèmes les plus pressants de la Jordanie: l'eau. Des solutions doivent être trouvées pour faire face à la pénurie", ont affirmé Oxfam et la Croix rouge britannique dans un communiqué conjoint.

"Des efforts de petite échelle sont urgents pour préserver l'eau", mais ils ne seront pas suffisant pour faire face au problème, plus important sur le long terme, indique le communiqué.

Le gouvernement jordanien aura besoin d'une aide bien plus importante sur le long terme de la part des gouvernements du monde pour faire face à cette problématique cruciale, ajoute le texte.

La Jordanie, qui connaît des pénuries d'eau chroniques, est l'un des 10 pays les plus secs du monde avec un territoire composé à 92% de déserts.

Des années de précipitations annuelles inférieures à la moyenne ont créé un déficit de 500 millions de mètres cubes d'eau par an et les autorités estiment que ce déficit pourrait atteindre 1.6 milliard de mètres cubes par an d'ici 2015.

Par ailleurs, "le système d'approvisionnement en eau de la Jordanie, déjà soumis à une forte pression, est en train d'atteindre sa limite, face à l'afflux important de réfugiés fuyant le conflit en Syrie", met en garde le communiqué.

Le royaume hachémite accueille en effet plus de 450.000 réfugiés syriens, dont 120.000 dans le camp de Zaatari (nord), où plus de 3.500 mètres cubes d'eau sont livrés quotidiennement pour approvisionner ses habitants en eau potable, selon le communiqué.

Les réfugiés syriens n'ont pas les moyens d'acheter de l'eau potable précise le communiqué, qui fait état d'une augmentation des cas de diarrhées parmi les enfants en bas âge, "qui n'ont pas d'autre choix que de boire de l'eau directement du robinet, lorsqu'elle coule".

"C'est une question de temps avant que les sources principales d'eau ne se tarissent. Dans certaines régions, l'extraction des eaux souterraines est trois fois plus importante que le renouvellement" des sources, met en garde le communiqué.

Pour faire face à son problème d'eau, la Jordanie puise en effet depuis le milieu des années 1980 de l'eau des nappes phréatiques de son sous-sol.

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