POLITIQUE

Manif du 22 mars: des dizaines de personnes interpellées

22/03/2013 01:50 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Les policiers du Service de police de la Ville de Montréal sont rapidement intervenus en début de soirée vendredi, interpellant des dizaines de personnes qui prenaient part au rassemblement visant à souligner le premier anniversaire de la première manifestation contre la hausse des droits de scolarité du gouvernement Charest, tenue le 22 mars 2012.

Selon le sergent Jean-Bruno Latour, porte-parole du SPVM, deux groupes de manifestants ont été interpellés pour avoir enfreint le règlement municipal P-6, notamment en circulant dans la rue en sens inverse de la circulation.

Ces premières arrestations, selon le sergent Latour, ont été effectuées vers 18 h 30 au coin des rues Maisonneuve et Saint-André ainsi que Maisonneuve et Labrecque, soit à peine dix minutes après le début de la marche. Le sergent Latour a aussi confirmé que des journalistes en devoir faisaient partie des deux groupes de gens ayant été interpellés par les autorités policières.

La manifestation, qui réunissait quelques centaines de personnes, avait par ailleurs été déclarée illégale avant même qu'elle ne se mette en marche, parce que les participants avaient négligé de remettre leur itinéraire aux autorités policières, a également précisé le sergent Latour.

Le point de rendez-vous de cette manifestation était le parc Émilie-Gamelin, à 18 h, et peu après 19 h, elle était terminée. Le sergent Latour n'a rapporté aucun acte criminel ni geste de violence. Peu après 21 h, le sergent Latour estimait à «plus de 200» le nombre de personnes arrêtées en vertu des règlements de la ville de Montréal.

Cette intervention policière a par ailleurs fait réagir l'Association facultaire des étudiants en science politique et droit (AFESPED) de l'Université du Québec à Montréal. Dans un communiqué, celle-ci a dénoncé ce qu'elle qualifie de «techniques d'intimidation employées par le SPVM et par d'autres corps policiers du Québec».

«Il est inacceptable que le SPVM procède à des manoeuvres de dispersion avant même qu'une manifestation soit mise en marche. Lors des trois dernières manifestations à Montréal, nous recensons près d'un demi-millier d'arrestations alors qu'aucun méfait ne fut commis. Il s'agit d'une grave dérive autoritaire et d'une atteinte impardonnable à nos libertés individuelles et collectives», a déclaré l'Association.

«La présence systématique de l'unité urbaine, de la cavalerie, les tactiques d'arrestation massives et l'utilisation d'un arsenal de dispersion dangereux lors d'actions de protestation politique porte un grave préjudice au droit de manifestation ainsi qu'au dialogue démocratique au sein de la société québécoise», a ajouté l'Association.

Sans entrer dans les détails de la stratégie policière, le sergent Latour a laissé sous-entendre que le SPVM comptait faire appliquer le règlement P-6 de façon rigoureuse.

«À la suite de toutes les manifestations que nous avons eues en 2012, et à la suite des demandes de la population et des commerçants, il était nécessaire d'évaluer avec plus de justesse comment nous pouvions appliquer le reglement P-6 de la Ville de Montréal dans le cadre des manifestants», a déclaré le sergent Latour à La Presse Canadienne.

«Il nous apparaît important que les manifestants, ou toutes les personnes qui veulent organiser des manifestations, collaborent en donnant leur itinéaire, le lieu de rassemblement, et obtempèrent aussi aux demandes du service de police lorsque des enjeux de sécurité sont exprimés. C'est le cas présentement, puisque la manifestation a débuté en sens inverse et qu'aucun itinéraire n'avait été transmis. Nous sommes intervenus dans le but d'y mettre fin, sécuritairement, avant qu'aucun événement répréhensible ne survienne», a ajouté le sergent Latour.

«La charte permet la liberté d'expression, mais pas de liberté de manifestation, a renchéri le porte-parole du SPVM. Il ne faut pas que ça devienne une activité, un sport. Il faut que ça devienne une expression coordonnée de ces démonstrations.»

Plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient participé à la première grande manifestation, à Montréal l'an dernier, et des marches de protestation similaires s'étaient tenues tous les 22 du mois par la suite, jusqu'à l'élection du gouvernement Marois, le 4 septembre.

L'ASSÉ, qui s'était alors transformée en une coalition appelée la CLASSE, estime aujourd'hui que les péquistes ont «troqué le carré rouge pour les habits du gouvernement précédent».

La coporte-parole de l'ASSÉ, Blandine Parchemal, réitère l'opposition de son regroupement étudiant à toute augmentation des frais de scolarité et exige la gratuité scolaire.

Selon elle, la hausse «imposée» au Sommet sur l'enseignement supérieur du gouvernement Marois véhicule une conception purement économique de l'éducation.

Mme Parchemal croit que le combat amorcé le printemps dernier doit reprendre. Une journée d'action s'est tenue vendredi dans plusieurs campus québécois.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) n'ont pas participé à cette journée de commémoration.

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