NOUVELLES

Egypte: heurts près du siège des Frères musulmans

22/03/2013 12:08 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

Des heurts ont opposé vendredi des manifestants de l'opposition à des membres des Frères musulmans et la police près du siège de la confrérie en banlieue du Caire, devenu la cible de la colère des opposants aux islamistes.

Un journaliste de l'AFP sur place a entendu des tirs, sans pouvoir identifier leur provenance, et fait état de dizaines de blessés des deux côtés, en majorité atteints par des pierres au visage.

Des manifestants ont arrêté et battu trois sympathisants islamistes, dont deux ont été dévêtus, a-t-il rapporté. Ils ont aussi stoppé une ambulance qui transportait un membre des Frères musulmans, blessé, et l'ont détenu.

Opposants et islamistes s'étaient d'abord jeté des pierres près du siège de la confrérie islamiste, situé sur la colline du Moqattam et placé sous forte protection de la police anti-émeutes en prévision de la manifestation.

Les opposants ont ensuite tenté de forcer le cordon des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène et par des pierres.

Dans l'après-midi, les violences se sont déplacées à l'entrée du Moqattam, où des partisans des Frères musulmans se sont postés pour empêcher l'arrivée de centaines d'opposants venus à pied d'un autre quartier.

Au même moment, dans le quartier de Manial, au Caire, un autre local des Frères musulmans a été saccagé par un groupe d'hommes qui ont agressé des femmes rassemblées là pour célébrer la Fête des mères, a affirmé à l'AFP un porte-parole de la confrérie, Ahmed Aref.

"Ils ont enfermé les femmes dans les toilettes puis ont détruit ce que contenait le local", a-t-il dit.

Des militants de l'opposition, y compris des membres des Black Bloc -un groupe hostile aux islamistes, qui manifeste le visage cagoulé- avaient appelé à ce rassemblement contre les Frères musulmans.

Les opposants accusent les islamistes, dont est issu le président Mohamed Morsi, de chercher à monopoliser le pouvoir et d'avoir trahi la "révolution".

Après le palais présidentiel, c'est le siège de la confrérie qui est devenu la cible de la colère de ces manifestants, pour qui il est le véritable centre de prise de décision en Egypte.

Le secrétaire général des Frères musulmans, Mahmoud Hussein, avait assuré qu'ils protègeraient leur siège. "Le propriétaire de chaque maison a le droit de la défendre par tous les moyens. Si la police n'assume pas ses responsabilités, nous protègerons notre propriété avec tout ce que nous avons", avait-il dit.

Des centaines de membres de la confrérie s'étaient donc postés dans la matinée devant le bâtiment. Des cars ont aussi été affrétés pour transporter des adhérents jusqu'au siège.

Dimanche dernier, des heurts avaient déjà eu lieu devant le bâtiment entre la police anti-émeutes et des manifestants hostiles au président et à la mouvance islamiste, après l'agression la veille par des membres des Frères musulmans de plusieurs militants qui taguaient les murs devant le siège de la confrérie.

Des journalistes et des photographes présents pour couvrir l'évènement avaient également été battus, selon les médias locaux, contribuant à dégrader le climat entre la confrérie et une grande partie de la presse égyptienne.

La confrérie a vu une trentaine de ses locaux à travers le pays attaqués depuis l'élection présidentielle de juin 2012, remportée par son candidat, Mohamed Morsi, aujourd'hui confronté à une forte vague de mécontentement.

Opposants et islamistes se sont déjà affrontés par le passé, notamment devant le palais présidentiel en décembre. Les violences avaient alors fait au moins 11 morts.

ht-se-iba/feb

PLUS:afp