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Chypre: une folle semaine d'incertitudes

22/03/2013 12:16 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

L'économie chypriote est paralysée depuis une semaine et la zone euro menacée par une crise qui a provoqué la fermeture des banques du pays et l'échec d'un premier plan de sauvetage européen rejeté par le parlement de cette île méditerranéenne.

- 16 mars: neuf mois après avoir demandé 17 milliards d'euros d'aide, Nicosie accepte un plan de l'UE et du Fonds monétaire international (FMI) prévoyant que ces derniers apportent dix milliards d'euros en échange d'une taxe sur les dépôts bancaires chypriotes censée rapporter 5,8 milliards. Pour amortir l'impact sur ses gros clients russes, Chypre répartit la taxe sur tous les dépôts (6,75% jusqu'à 100.000 euros, 9,9% au delà), brisant le tabou de la protection des petits épargnants.

C'est l'option "la moins douloureuse", affirme le président chypriote élu trois semaines auparavant, Nicos Anastasiades (conservateur). Mais la colère éclate à Chypre, le vote nécessaire du Parlement est repoussé et les files d'attente s'allongent devant les distributeurs des banques fermées pour un week-end prolongé.

- 18 mars: les bourses européennes dévissent et l'euro chute face au spectre d'une perte de confiance dans le système bancaire. Moscou dénonce la taxe.

De nouvelles négociations s'engagent, la zone euro réclame à Chypre, membre depuis 2008, d'exonérer les dépôts jusqu'à 100.000 euros. Nicosie propose un seuil à 20.000 euros mais le vote du Parlement est reporté à nouveau. La fermeture des banques est prolongée, Londres envoie un million d'euros par avion aux militaires stationnés dans son ancienne colonie.

- 19 mars: le Parlement chypriote rejette le plan européen, liesse à Chypre.

Le président russe Vladimir Poutine dit au téléphone sa "préoccupation" à M. Anastasiades. Le ministre des Finances chypriote Michalis Sarris part quêter un soutien à Moscou. Il rentrera bredouille le surlendemain.

- 20 mars: Chypre cherche un "plan B". La puissante Eglise orthodoxe propose ses richesses en gage. La fermeture des banques est prolongée jusqu'au 26.

Moscou se plaint d'avoir été tenu à l'écart par les Européens, qui insistent sur la nécessité pour Chypre de contribuer au plan de sauvetage.

- 21 mars: la Banque centrale européenne donne jusqu'au 25 mars à Chypre pour s'accorder avec ses bailleurs sous peine de la priver de liquidités.

Nicosie affirme renoncer à la taxe et prévoir un fonds de solidarité ainsi qu'une limitation des mouvements de capitaux. Les clients de la Popular Bank (Laiki en grec), deuxième banque chypriote, craignent sa fermeture ou une fusion avec la Bank of Cyprus, la première du pays.

A Moscou, échanges acerbes entre le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le Premier ministre Dmitri Medvedev qui menace de revoir la part de l'euro dans les réserves russes (actuellement 41 à 42%).

La crise fait peser un "risque systémique" sur la zone euro, prévient le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jeroen Dijsselbloem. Standard and Poor's dégrade la dette chypriote d'un cran, à CCC.

- 22 mars: laissée seule par la Russie face à l'UE, Nicosie travaille toujours à son "plan B" avec la troïka UE-FMI-BCE alors que l'horloge tourne sans que le Parlement se réunisse.

La chancelière allemande Angela Merkel avertit Chypre de ne "pas abuser de la patience" de la zone euro. La taxe bancaire revient sur le tapis, les deux principales banques suggérant de taxer les dépôts au delà de 100.000 euros plutôt que risquer la faillite.

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