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Chypre: l'ex-gouverneur de la Banque centrale dénonce un chantage européen

22/03/2013 12:54 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT
REUTERS

Athanasios Orphanides, ancien gouverneur de la Banque centrale de Chypre jusqu'en 2012 et aujourd'hui enseignant au Massachusetts Institute of Technology (MIT), dénonce un chantage européen sur Chypre et prévient que l'Europe est "morte" si elle ne change pas de position.

Question: Quelle est selon vous, aujourd'hui, la meilleure solution pour Chypre? Quels conseils pouvez-vous donner à ses dirigeants?

Réponse: "Le nouveau gouvernement chypriote fait ce qu'il peut pour trouver des ressources supplémentaires pour qu'un plan puisse être pleinement accepté par les gouvernements européens. Mais je m'inquiète moins concernant le gouvernement chypriote que concernant les autres gouvernements européens. Si, comme cela semble être le cas, le gouvernement allemand continue d'insister pour que toute solution soit structurée de manière à détruire le modèle économique (chypriote), ma question est: qui est le prochain? Le Luxembourg? Malte? Je ne pense pas que le projet européen ait des chances de survivre dans ces conditions".

Q: Que devraient faire, selon vous, l'Union européenne et la Banque centrale européenne (BCE)?

R: "J'espère que les institutions européennes, en premier lieu la Commission européenne et la BCE, vont changer de position et oeuvrer pour sauver l'Europe au lieu de contribuer à sa désintégration, comme nous l'avons vu cette semaine. Il faut respirer un bon coup et accepter que soumettre Chypre au chantage la semaine dernière était une bourde de l'Europe. Nous aurions pu construire une Union européenne plus intégrée pour la faire prospérer. Il est très triste de constater que de nombreux dirigeants européens contribuent, à l'inverse, à sa désintégration".

Q: Vous évoquez un chantage au sujet du plan de sauvetage proposé samedi matin à Bruxelles comprenant une taxe sur les dépôts bancaires. Pourquoi?

R: "Le plus gros problème est que les institutions européennes ont brisé les notions de respect mutuel et de solidarité, et c'est pourquoi je suis aussi pessimiste pour l'Europe: l'Europe est morte. Dans la série d'erreurs commises par l'Europe dans sa gestion de la crise au cours des trois dernières années, la bourde commise la semaine dernière était la plus grave de toutes. Elle a compromis le caractère sacré des petits dépôts (bancaires) à travers l'Europe. Quand les gouvernements des grands pays membres commencent à exercer un chantage sur les petits pour confisquer les dépôts, on se demande qui sera le prochain".

Propos recueillis par Prune PERROMAT

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