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Chypre: des manifestants brûlent un drapeau européen devant le Parlement

22/03/2013 03:47 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

Des manifestants chypriotes, notamment des employés de banque inquiets du sort de leur employeur, se sont rassemblés vendredi soir devant le Parlement à Nicosie, au moment où le pays négocie toujours les termes d'un plan de sauvetage crucial pour son économie.

Une trentaine de jeunes au visage cagoulé ont brûlé un drapeau européen près du Parlement, devant les barricades de la police. "La taxe c'est du vol, la crise devrait être résolue par une ploutocratie", ont-ils scandé.

Ils réagissaient à des informations faisant état d'une possible taxe sur les dépôts bancaires allant jusqu'à 15%, prévue dans le cadre d'un plan de sauvetage européen qui doit permettre aux banques du pays d'éviter la faillite.

Le Parlement avait rejeté mardi un premier plan prévoyant une taxe inédite allant jusqu'à 9,9% sur tous les dépôts, mais face à l'échec des solutions alternatives envisagées, des responsables gouvernementaux avaient annoncé que le principe de cette taxe était à nouveau d'actualité.

Vendredi, les députés chypriote devaient se prononcer sur une série de huit loi destinées à lever les milliards d'euros de fonds nécessaires en contrepartie d'un plan de sauvetage de la Troïka (UE, FMI, BCE).

Chypre doit en effet trouver d'ici lundi 7 milliards d'euros, condition au déblocage par la troïka d'une aide de 10 milliards, sans quoi la BCE a d'ores et déjà prévenu qu'elle couperait l'apport de liquidités d'urgence aux banques non solvables, les condamnant de facto à la faillite.

Le chef du parti au pouvoir Disy, Averof Neophytou, a affirmé qu'il était encore possible d'espérer un accord vendredi soir.

"Nous pensons que dans les prochaines heures nous serons capables, avec beaucoup de difficulté, d'atteindre une formule répondant aux critères de l'UE, de la BCE et du FMI", a-t-il indiqué à des journalistes.

"Nous prenons part aux négociations les plus cruciales de notre histoire. Il y aura un coût à payer par tout le monde, mais nous aurons un nouveau départ", a indiqué de son côté le porte-parole du gouvernement Christos Stylianides à la chaîne de télévision privée Sigma.

On ignorait si la nouvelle formule qui doit être présentée à la Troïka allait passer devant le Parlement. Une chaîne de télévision a indiqué que la session parlementaire pourrait durer jusqu'à samedi.

Et alors que cette session, initialement prévue dans la matinée, n'avait toujours pas eu lieu dans la soirée, le président chypriote Nicos Anastasiades a utilisé son compte Twitter pour prévenir ses compatriotes de décisions difficiles à venir.

"Le Parlement va bientôt être invité à adopter des décisions difficiles. Certains aspects seront douloureux, mais il faut sauver le pays", a-t-il indiqué dans un tweet.

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