BIEN-ÊTRE

14% des cas d'asthme chez l'enfant liés à la pollution automobile

22/03/2013 03:38 EDT | Actualisé 22/05/2013 05:12 EDT

La pollution automobile pourrait être liée à 14% des cas d'asthme chronique chez l'enfant, un impact comparable à celui du tabagisme passif, selon une étude réalisée dans dix villes européennes.

L'étude publiée vendredi dans la version électronique de la revue European Respiratory Journal, a comparé l'exposition des enfants vivant à proximité d'un axe très pollué (transportant plus de 10.000 véhicules jour) à ceux vivant plus loin.

"Nous avons estimé que 33.200 cas d'asthme (soit 14% de l'ensemble des cas d'asthme observés chez ces enfants) pouvaient être attribués aux polluants automobiles", écrivent les chercheurs, "ce qui signifie en d'autres termes que ces cas ne se seraient pas produits si personne n'avait vécu dans ces zones".

L'étude a été effectuée dans cinq villes espagnoles -- Barcelone, Bilbao, Grenade, Séville et Valence -- ainsi qu'à Bruxelles, Ljubljana (Slovénie), Rome, Stockholm et Vienne.

Un tiers de la population vivant dans ces dix villes habite à moins de 75 mètres d'un axe pollué et plus de la moitié dans un rayon de 150 mètres.

Le pourcentage des cas d'asthme associés à la pollution était le plus élevé à Barcelone (23%) et à Valence (19%), contre 7% seulement à Grenade et à Stockholm.

L'impact de la pollution automobile sur l'asthme chronique chez l'enfant est proche de celui du tabagisme passif qui, selon des estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), pourrait être impliqué dans 4 à 18% des cas d'asthme.

Les chercheurs, dirigés par le Dr Laura Perez, de l'Institut de santé publique suisse, ont également étudié l'impact de la pollution automobile sur les maladies cardiaques coronariennes chez les plus de 65 ans et estimé que 37.200 cas (soit 28% de l'ensemble des adultes atteints par ces pathologies) pouvaient être attribués à la pollution automobile.

"En dépit des incertitudes et de limites (de l'étude) nos résultats indiquent que le fait de vivre dans une zone proche d'un axe routier pollué pourrait bien être à l'origine d'une part non négligeable, mais évitable des maladies chroniques et des symptômes aigus associés observés en zone urbaine", concluent les auteurs.

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