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Une page Femen-Tunisie piratée par des islamistes après des photos seins nus

21/03/2013 07:47 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

Des pirates informatiques de la mouvance islamiste ont pris le contrôle dans la nuit de mercredi à jeudi de l'une des pages Facebook de militantes féministes Femen-Tunisie après la diffusion sur internet de photos de deux jeunes tunisiennes seins nus.

"Grâce à Dieu nous avons piraté cette page immorale et le meilleur est à venir", y est-il indiqué par le pirate qui signe du nom "al Aangour".

"La page a été piratée et si Dieu le veut, ces saletés vont disparaître de Tunisie", écrit-il encore.

Le pirate a publié sur la page des vidéos de sourates du coran, d'images illustrant la profession de foi l'islam (www.facebook.com/pages/FEMEN-Tunisia/205115066235414).

Ce site n'avait cependant jamais publié les photos des deux activistes tunisiennes qui ont diffusés ces derniers jours des clichés d'elles seins nus avec écrit en lettre noire sur leur poitrine "mon corps m'appartient, il ne représente l'honneur de personne" ou encore "Fuck your morals".

La page de l'une d'elles et celle de leurs "fans" fonctionnaient normalement mercredi (www.facebook.com/femens.tunisie?ref=stream , www.facebook.com/pages/Amina-Femen-Tunisia/139134719597278?ref=stream).

On peut ainsi y voir des images des différentes actions seins nus des Femen à travers le monde. Les poitrines des militantes y sont généralement floues en raison des règles imposées par Facebook.

Femen, un groupe de féministes ukrainiennes désormais installé à Paris et qui a fait des émules dans plusieurs pays du monde, est connu depuis 2010 pour ses actions "topless" pour dénoncer le sexisme, l'homophobie, la prostitution et la religion.

Les Femen Tunisie n'ont jamais organisé d'actions publiques dénudées, alors que l'atteinte à la pudeur est passible de prison ferme, mais les spéculations vont bon train depuis deux semaines dans la presse tunisienne sur une action des féministes ukrainiennes et françaises en Tunisie.

Les femmes tunisiennes disposent depuis les années 1950 des droits les plus avancés dans le monde arabe, mais de nombreuses inégalités demeurent notamment en matière d'héritage.

Les associations féministes accusent régulièrement les islamistes d'Ennahda, qui dirigent le gouvernement, de chercher à s'en prendre aux droits des femmes et réclament que l'égalité des sexes soient clairement garantie dans la future Constitution.

La proposition la plus controversée d'Ennahda avait été d'introduire la notion de "complémentarité" des sexes, au lieu de l'égalité, un projet abandonné depuis après une levée de boucliers en Tunisie.

alf/sw

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