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Une figure religieuse marquante du régime tuée dans un attentat à Damas

21/03/2013 03:59 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

Le plus célèbre dignitaire religieux sunnite pro-régime, Mohammad Saïd al-Bouti, a été tué avec 15 fidèles jeudi dans un attentat suicide dans une mosquée de Damas, portant un rude coup au pouvoir, au moment où les rebelles progressaient dans le sud du pays.

A New York, l'ONU a décidé d'ouvrir une enquête sur l'utilisation possible d'armes chimiques dans le conflit qui ensanglante la Syrie depuis deux ans, à la suite d'accusations réciproques du régime et de la rébellion.

Dans un attentat visant une figure religieuse sunnite favorable au régime de Bachar al-Assad, un kamikaze a actionné sa ceinture d'explosifs lors d'un cours religieux à la mosquée Al-Imane dans le quartier de Mazraa (nord), tuant cheikh Mohammad Saïd al-Bouti, ont précisé une ONG et les médias officiels.

Quinze autres personnes ont été tuées et des dizaines blessées, a précisé l'Observoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

L'agence Sana a fait état de 15 morts dont le dignitaire et de 40 blessés, en accusant des "terroristes", allusion aux rebelles qui sont aidés de jihadistes ayant revendiqué de nombreux attentats suicide.

L'attentat n'a pas été revendiqué mais son mode opératoire rappelle celui du réseau extrémiste Al-Qaïda.

La chaîne d'information syrienne en continu a montré des corps gisant sur le sol, des membres dispersés sur des tapis maculés de sang à la mosquée.

Appartenant à une grande tribu kurde à cheval entre la Syrie, la Turquie et l'Irak, le dignitaire, né en 1929, était titulaire d'un doctorat de sciences islamiques de l'université Al-Azhar du Caire.

Cet homme frêle était célèbre en Syrie car c'est lui qui, chaque vendredi, délivrait un prêche à la télévision officielle.

Honni par l'opposition largement sunnite, il avait même été chassé d'une mosquée à Damas en juillet 2011 pour avoir dit que "la majorité des gens qui viennent aux prières du vendredi puis qui sortent ensuite manifester (contre le régime), ne connaissent rien à la prière".

Il s'agit d'un nouveau coup dur pour le pouvoir, car le religieux représentait un appui sunnite de poids pour un régime dominé par les alaouites, issus du chiisme.

Entretemps, dans le sud syrien, les rebelles ont progressé dans la partie du plateau du Golan non occupée par Israël et dans la région de Deraa.

"Ils ont lancé des attaques coordonnées dans plusieurs secteurs du Golan, prenant le contrôle de localités dans la province de Qouneitra", a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Dans la province de Deraa, soumise à des raids de l'aviation du régime, des accrochages violents se déroulent dans plusieurs régions et les rebelles "se sont emparés du bâtiment du club des officiers, a précisé l'ONG.

Selon une source des services de sécurité syriens, près de 2.500 rebelles, entraînés et lourdement équipés, ont pénétré dans Deraa ces dernières semaines.

Début mars, l'hebdomadaire allemand Spiegel a affirmé que les Américains entraînaient des rebelles en Jordanie et le quotidien britannique Guardian a précisé que des instructeurs français et britanniques participaient aux entraînements.

A travers le pays, les violences ont tué 120 personnes -19 soldats, 60 civils et 41 rebelles, selon un bilan provisoire de l'OSDH, alors que le conflit a fait plus de 70.000 morts depuis le début le 15 mars 2011 de la révolte qui s'est militarisée face à la répression.

Mardi et pour la première fois dans ce conflit, rebelles et régime se sont accusé mutuellement d'avoir eu recours à des armes chimiques, mais aucune confirmation indépendante n'a pu être obtenue et le pouvoir à Damas a réclamé une enquête de l'ONU.

Le patron de l'ONU Ban Ki-moon a ensuite annoncé le lancement "dès que possible en pratique" d'une enquête sur "l'incident signalé par le gouvernement" qui a accusé l'opposition d'avoir eu recours aux armes chimiques à Khan al-Assal près d'Alep (nord). "Je suis au courant d'autres accusations portant sur des cas similaires".

Selon l'opposition, c'est le régime qui a employé des armes chimiques à Khan al-Assal, ainsi qu'à Atayba à l'est de Damas. Paris et Londres ont demandé une enquête sur "toutes les allégations".

En visite en Israël, le président américain Barack Obama s'est déclaré "très sceptique" sur un recours des opposants aux armes chimiques et a mis en garde le régime contre leur utilisation "contre le peuple syrien ou leur transfert à des groupes terroristes".

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