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Un attentat dans une mosquée à Damas fait 42 morts, dont un leader sunnite

21/03/2013 10:05 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

BEYROUTH - Un attentat-suicide à la bombe est survenu jeudi dans une mosquée de la capitale syrienne, tuant un important leader sunnite et partisan de longue date du président Bachar el-Assad et au moins 41 autres personnes.

L'assassinat de Cheikh Mohammed Saïd Ramadan al-Bouti enlève au leader syrien l'un de ses derniers appuis au sein de la majorité sunnite qui s'est révoltée contre lui.

La puissante explosion s'est produite alors que de M. Al-Bouti, un dignitaire et intellectuel religieux âgé de 84 ans, donnait une leçon à la mosquée d'Eman dans le quartier de Mazraa à Damas.

Ce type d'attentat, attribué à des islamistes combattant aux côtés des rebelles, est monnaie courante en Syrie depuis le commencement de la guerre civile il y a deux ans. Celui de jeudi est toutefois le premier à se dérouler dans une mosquée.

La télévision d'État syrienne a rapporté que 84 personnes avaient aussi été blessées et diffusé des images montrant des blessés, des cadavres, des membres sectionnés baignant dans des mares de sang sur le sol de la mosquée et, plus tard, des corps enveloppés dans des draps blancs. Des sirènes ont retenti dans la capitale alors que des ambulances se précipitaient vers les lieux du drame autour duquel l'armée a érigé un périmètre de sécurité.

Selon la chaîne télévisée, le petit-fils du leader sunnite aurait aussi perdu la vie dans la déflagration.

La mort de Cheikh Mohammed Saïd Ramadan al-Bouti est un coup dur pour le président syrien, ce dernier se battant essentiellement contre des sunnites qui cherchent à le renverser. M. Al-Bouti soutenait le régime depuis ses débuts sous le règne du père et prédécesseur de Bachar el-Assad, l'ancien président Hafez el-Assad.

Les musulmans sunnites sont majoritaires en Syrie alors que les alaouites, branche de l'islam chiite à laquelle appartient Assad, sont minoritaires.

Le disparu était une figure familière pour les Syriens puisque la télévision présentait ses sermons en direct à chaque semaine et qu'il avait sa propre émission religieuse.

Par ailleurs, des militants ont rapporté jeudi que les rebelles syriens avaient conquis un village et d'autres terres sur le plateau de Golan, une région stratégique envahie et annexée par Israël en 1967.

Toujours jeudi, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a annoncé que l'organisation internationale tenterait de déterminer si des armes chimiques avaient été utilisées dans le cadre du conflit syrien.

Les États-Unis et leurs alliés enquêtent sur des allégations selon lesquelles les insurgés auraient mené une attaque chimique contre un village dans la province d'Alep. L'opposition a accusé le régime d'être derrière cet assaut.

Selon l'ONU, la guerre civile en Syrie a fait plus de 70 000 morts jusqu'à présent.

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