NOUVELLES

RDCongo: la France propose une résolution à l'ONU pour renforcer la Monusco

21/03/2013 04:12 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

La France a proposé jeudi à ses partenaires du Conseil de sécurité une résolution qui renforce le mandat de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo et crée une force d'intervention chargée de "neutraliser" les groupes armés opérant dans l'est du pays.

Ce texte s'inspire de recommandations du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et des résultats de l'accord régional d'Addis Abeba du 24 février, censé stabiliser l'est de la RDC en proie à des rébellions depuis deux décennies. Il doit encore être discuté au niveau des experts des 15 pays avant un vote au plus tôt en avril, selon des diplomates.

Mais plusieurs pays du Conseil s'interrogent toujours sur l'opportunité de créer cette "brigade d'intervention", qui devrait compter 2.500 hommes, surtout après la scission du mouvement M23 et la reddition de son chef Bosco Ntaganda. Celui-ci, recherché par la Cour pénale internationale, se trouve à l'ambassade américaine à Kigali.

Le M23, un des principaux groupes rebelles actifs dans la région minière du nord-Kivu (est), avait pris brièvement le contrôle de Goma, la capitale régionale, en novembre dernier avant de se retirer mais ses forces restent stationnées autour de Goma.

La résolution, dont l'AFP a obtenu copie, "condamne fermement la présence du M23 dans les environs immédiats de Goma" et réclame que tous les groupes armés "déposent les armes".

Renforcée par cette "brigade d'intervention", indique le texte, la Monusco aura désormais aussi pour tâche de "mener des opérations offensives et ciblées", seule ou aux côtés des forces gouvernementales congolaises, pour "stopper le développement de tous les groupes armés, (les) neutraliser et les désarmer". Elle devra cependant "tenir pleinement compte de la nécessité de protéger les civils et de limiter les risques".

Jusqu'à présent, la principale mission de la Monusco était la protection des civils mais elle avait été critiquée pour n'avoir pas réussi à stopper l'avancée du M23 sur Goma et les exactions qui avaient suivi.

La Monusco se voit aussi dotée de drones pour surveiller les frontières de la RDC avec le Rwanda et l'Ouganda. Ces deux pays ont été accusés par des experts de l'ONU d'aider et d'équiper le M23, ce qu'ils démentent.

La brigade est créée "pour une période initiale d'un an" et reste sous l'autorité du commandant en chef de la Monusco. Basée à Goma, ses effectifs seront inclus dans l'effectif maximal autorisé de la Mission, soit 19.815 soldats.

avz/lor/bdx

PLUS:afp