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Le nouveau statut de l'ACDI est critiqué

21/03/2013 10:56 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

La décision du gouvernement conservateur d'intégrer l'Agence canadienne du développement international (ACDI) au ministère des Affaires étrangères, annoncée dans son budget 2013-2014, a suscité des critiques de plusieurs organismes.

Pour la porte-parole du NPD en matière de développement international, l'intégration de l'ACDI au ministère a été effectuée « sans consultation avec les ONG et les experts en développement ».

Hélène Laverdière estime que le processus qui a mené à cette intégration est « suspect ».

La députée s'inquiète que les conservateurs mêlent les objectifs du développement à ceux du commerce.

L'organisme World Vision Canada est allé dans le même sens. Il craint que la nouvelle orientation de l'ACDI fasse d'elle un outil pour « la prospérité et la sécurité » du Canada et non au service des pauvres.

Pour sa part, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, estime que « le gouvernement Harper concrétise de manière inacceptable sa volonté de contrôler politiquement l'aide canadienne au développement et de la soumettre aux impératifs de la politique étrangère du gouvernement conservateur ». « Le Canada continuera d'effriter le peu de crédibilité qu'il lui reste », conclut-elle.

Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, estime de son côté que cette mesure « signifie que l'aide aux pays en voie de développement sera subordonnée aux idées conservatrices ».

Nouvelle orientation du gouvernement Harper

Le geste vient clore une démarche entamée en 2006 par les conservateurs, lorsqu'ils ont de nouveau réuni les portefeuilles des Affaires étrangères et du Commerce international, pour souligner que les politiques commerciales représentaient une partie importante des perspectives de relations internationales.

L'année dernière, quelques jours avant que le ministre Flaherty annonce dans son budget des coupes d'environ 380 millions de dollars sur trois ans à l'ACDI, l'agence sabrait environ 65 % du budget de l'organisation Développement et Paix. Au même moment, trois compagnies minières canadiennes recevaient du financement de l'ACDI.

Le ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, a par ailleurs créé la controverse plus tôt cette année quand il a annoncé le gel des fonds canadiens destinés aux nouveaux projets en Haïti, en attendant que les Haïtiens « se prennent en main ». L'opposition avait dénoncé « l'approche commerciale » du gouvernement conservateur dans le dossier.

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