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Le Canada mise sur la croissance pour rééquilibrer son budget en 2015

21/03/2013 04:37 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

Le gouvernement conservateur canadien a présenté jeudi un nouveau budget qui mise sur une accélération de la croissance économique à moyen terme pour rééquilibrer les finances publiques dès 2015, à temps pour les prochaines élections fédérales.

"Il n'y a aucun doute que nous devrons surmonter des difficultés", a déclaré le ministre des Finances Jim Flaherty en présentant son budget 2013-14 à la Chambre des Communes.

"La croissance à l'échelle mondiale a ralenti. Et le Canada n'est pas à l'abri", a-t-il ajouté en rappelant que certains de ses "plus importants partenaires commerciaux", notamment les Etats-Unis et ceux de la zone euro, "sont parmi les pays les plus mal en point".

Pour éliminer le déficit budgétaire actuel de 25,8 milliards de dollars canadiens (1,4% du PIB) et rehausser les chances de son parti aux élections d'octobre 2015, M. Flaherty peut tirer profit des quelque 7 milliards de dollars d'économies budgétaires réalisées depuis 2010.

Au pouvoir depuis 2006, les conservateurs avaient notamment annoncé l'an dernier la suppression de près de 20.000 postes de fonctionnaires sur une période de trois ans (4,8% du total).

De plus, "le Canada occupe une position enviable parmi les autres pays industrialisés", avec la meilleure croissance et la plus forte création d'emplois du G-7 depuis la fin de la récession locale en mai 2009, a rappelé M. Flaherty.

Commentant à chaud le budget, le chef de l'opposition Thomas Mulcair a observé que le Canada comptait aujourd'hui 240.000 jeunes demandeurs d'emploi soit "plus que lorsque la crise a frappé en 2008".

Sur le plan plus général, M. Mulcair, qui est leader du principal parti d'opposition NPD (gauche), a mis en doute les prévisions contenues dans le budget, affirmant que celles présentées par M. Flaherty dans le passé "ont été toujours inexactes".

"Celle d'arriver l'année prochaine à un déficit inférieur à 20 milliards se révélera fausse aussi", a-t-il affirmé, accusant par ailleurs les conservateurs de "mettre tous leurs oeufs dans un panier, celui des industries d'extraction".

Le Canada est l'un des rares pays à conserver sa note de crédit AAA auprès des principales agences de notation, du fait d'une situation budgétaire relativement enviable, a aussi souligné le ministre des Finances.

Néanmoins, la présentation de ce budget pour l'année débutant le 1er avril intervient dans une conjoncture relativement dégradée pour le Canada. Le budget table sur une croissance du PIB de 1,6% en 2013, moins que les 2% prévus en novembre.

M. Flaherty s'est cependant dit optimiste sur l'amélioration de la conjoncture, tablant sur une croissance de 2,5% l'an prochain, et qui ira en s'accentuant les années suivantes.

"Notre gouvernement est déterminé à rétablir l'équilibre budgétaire d'ici 2015" (date probable des prochaines élections législatives), a-t-il dit.

Totalisant 263,9 milliards de dollars, le budget 2013 prévoit un déficit de 18,3 milliards de dollars (1% du PIB), qui fondra encore plus l'an prochain pour laisser apparaître un mince excédent de 800 millions de dollars en 2015-16.

Le budget prévoit des économies supplémentaires de 509 millions de dollars cette année par la suppression de niches fiscales, notamment pour les non-résidents, l'amélioration du fonctionnement du fisc et la réduction des frais de déplacement des fonctionnaires.

Les nouvelles dépenses contenues dans le budget totalisent 922 millions de dollars. Il s'agit essentiellement de nouvelles subventions pour la formation de la main-d'oeuvre "afin de jumeler les Canadiens aux emplois disponibles", d'allègements fiscaux pour les entreprises du secteur de la fabrication et d'investissements dans les infrastructures pour la construction de routes et de ponts, ainsi que de maisons dans l'Arctique.

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