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Face à Obama, les Palestiniens se réclament de la lutte contre l'apartheid

21/03/2013 10:49 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

Amers de voir Barack Obama négliger leurs symboles lors de sa brève visite, les Palestiniens veulent forcer sa sympathie en assimilant leur lutte au mouvement contre la ségrégation aux Etats-Unis ou l'apartheid en Afrique du Sud.

Le député indépendant Moustapha Barghouthi s'est déclaré "navré que le président Obama ne visite pas la tombe du président Arafat" à Ramallah, lors de sa rencontre avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas jeudi.

"Qu'il soit d'accord ou non avec le président Arafat, c'était le symbole et le président du peuple palestinien", a affirmé M. Barghouthi, regrettant "un geste négatif, d'autant plus que le président Obama se rendra sur la tombe de Yitzhak Rabin", signataire des accords d'Oslo avec Yasser Arafat.

Le programme du président américain égrène les sites incontournables de l'histoire israélienne: musée d'Israël jeudi, avant de se recueillir vendredi sur les tombes de Theodor Herzl, fondateur du sionisme, et du Premier ministre assassiné Rabin, puis au mémorial de la Shoah.

M. Barghouthi a critiqué "cette visite au musée d'Israël, parce qu'il contient des pièces volées dans les Territoires palestiniens, comme les manuscrits de la mer Morte", ce que dément l'établissement.

Il a également déploré que le président américain ait décliné des demandes de rencontrer les familles de Palestiniens détenus par Israël.

"Plusieurs familles de prisonniers ont demandé au consulat américain d'organiser une rencontre avec le président Obama, mais il a refusé semble-t-il pour des raisons protocolaires", a confirmé le ministre des Prisonniers Issa Qaraqaë.

Dans une tribune, le négociateur palestinien Nabil Chaath a regretté que "malheureusement le président Obama ne soit pas en mesure de visiter la Palestine plus de quelques heures", citant Ramallah, où il a passé cinq heures jeudi, puis la basilique de la Nativité à Bethléem (Cisjordanie) vendredi.

"Cela aurait été une excellente occasion pour lui de voir la réalité vingt ans après le début du processus de paix", souligne M. Chaath, rappelant la fermeture des institutions palestiniennes à Jérusalem-Est occupé et annexé.

"Il pourrait aussi voir des routes séparées, un exemple de l'une des pires combinaisons possibles: l'apartheid sous une occupation belliqueuse", précise-t-il, en référence aux routes réservées aux colons juifs.

"La ségrégation raciale, y compris dans les transports publics, a été une période sombre de l'histoire des Etats-Unis. Cela se passe aujourd'hui en Palestine", accuse Nabil Chaath.

Dans un article publié par le New York Times, Moustapha Barghouthi rappelle qu'il y a une vingtaine d'années, quand lui-même s'engageait dans le processus de paix avec Israël, "un jeune avocat des droits civiques mobilisait la communauté afro-américaine à Chicago au début de sa carrière politique", qui le conduirait à la Maison Blanche.

Lors d'une manifestation pour la réouverture d'une rue fermée à la circulation des Palestiniens mercredi à Hébron, en Cisjordanie, plusieurs dizaines de personnes arboraient des masques à l'effigie de Barack Obama et des photos de Martin Luther King, brandissant une banderole "Arrêtez l'apartheid".

Les médias officiels palestiniens consacraient de longues heures d'antenne en récriminant sur le menu des réceptions en l'honneur du président américain en Israël, où figurent des spécialités régionales présentées comme de la cuisine israélienne.

"Ils lui servent du hoummous, notre plat traditionnel", maugrée Achraf al-Najjar, 30 ans, venu défiler à Ramallah contre la visite du président américain, "Israël nous a tout volé, même la nourriture".

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