NOUVELLES

Face à Obama, les Palestiniens assimilent leur lutte à l'anti-apartheid

21/03/2013 07:42 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

Amers de voir Barack Obama négliger les symboles de leur lutte lors de sa brève visite, les Palestiniens veulent forcer sa sympathie en l'assimilant au mouvement contre la ségrégation aux Etats-Unis ou l'apartheid en Afrique du Sud.

Le député indépendant Moustapha Barghouthi s'est déclaré "navré que le président Obama ne visite pas la tombe du président Arafat" à Ramallah, lors de sa rencontre avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas jeudi.

"Qu'il soit d'accord ou non avec le président Arafat, c'était le symbole et le président du peuple palestinien", a affirmé M. Barghouthi, regrettant "un geste négatif, d'autant plus que le président Obama se rendra sur la tombe de Yitzhak Rabin", signataire des accords d'Oslo avec Yasser Arafat.

Le programme du président américain égrène les sites incontournables de l'histoire israélienne: musée d'Israël jeudi, avant de se recueillir vendredi sur les tombes de Theodor Herzl, fondateur du sionisme, et du Premier ministre assassiné Rabin, puis au mémorial de la Shoah à Yad Vashem.

M. Barghouthi a qualifié d'"autre geste négatif cette visite au musée d'Israël, parce qu'il contient des pièces volées dans les Territoires palestiniens, comme les manuscrits de la mer Morte", ce que dément le musée.

Il a déploré en outre que le président américain ait décliné des demandes de rencontrer les familles de Palestiniens détenus par Israël.

"Plusieurs familles de prisonniers ont demandé au consulat américain d'organiser une rencontre avec le président Obama, mais il a refusé semble-t-il pour des raisons protocolaires", a confirmé à l'AFP le ministre des Prisonniers Issa Qaraqaë.

Dans une tribune, le négociateur palestinien Nabil Chaath a regretté que "malheureusement le président Obama ne soit pas en mesure de visiter la Palestine plus de quelques heures", citant Ramallah jeudi puis la la basilique de la Nativité à Bethléem (Cisjordanie) vendredi.

"Cela aurait été une excellente occasion pour lui de voir la réalité vingt ans après le début du processus de paix", souligne M. Chaath, rappelant la fermeture des institutions palestiniennes à Jérusalem-Est occupé et annexé.

"Il pourrait aussi voir des routes séparées, un exemple de l'une des pires combinaisons possibles: l'apartheid sous une occupation belliqueuse", précise-t-il, en référence aux routes réservées aux colons israéliens.

"La ségrégation raciale, y compris dans les transports publics, a été une période sombre de l'histoire des Etats-Unis. Cela se passe aujourd'hui en Palestine", a accusé Nabil Chaath.

Moustapha Barghouthi aurait d'ailleurs espéré que le président américain "puisse voir la ségrégation des bus et celle des routes, qui n'a d'ailleurs jamais existé aux Etats-Unis, ni nulle part dans l'histoire de l'humanité, pas même aux pires moments de l'apartheid en Afrique du Sud".

Lors d'une manifestation pour la réouverture d'une rue fermée à la circulation des Palestiniens mercredi à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, plusieurs dizaines de personnes arboraient des masques à l'effigie de Barack Obama et des photos de Martin Luther King, brandissant une banderole libellée "Arrêtez l'apartheid".

Les médias officiels palestiniens consacraient en outre de longues heures d'antenne à déplorer qu'au menu des réceptions officielles en l'honneur du président américain en Israël figuraient le hommous et la tehina, des spécialités régionales, présentées comme de la cuisine israélienne.

"Ils lui servent du hoummous, notre plat traditionnel", maugrée Achraf al-Najjar, 30 ans, venu défiler à Ramallah contre la visite du président américain, "Israël nous a tout volé, même la nourriture".

sst-he/agr/feb

PLUS:afp