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Egypte: des villageois tuent un homme accusé de vol de voiture

21/03/2013 11:07 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

Des habitants d'un village égyptien ont battu et pendu jeudi un homme accusé de vol de voiture, une nouvelle affaire qui traduit la dégradation de l'ordre public dans le pays, a-t-on appris de source policière.

Ce lynchage dans le village de Ezbat al-Gindy, dans le delta du Nil, survient quelques jours après la mort de deux voleurs présumés, tués par la foule puis exposés au public pendus par les pieds dans une autre localité du nord de l'Egypte.

Dix-sept personnes ont été tuées de cette manière dans le seul gouvernorat de Charqiyah, où Ezbat al-Gindy est situé, depuis le soulèvement qui poussa le président Hosni Moubarak à la démission début 2011, a indiqué un responsable de la police.

Le ministre de la Justice, Ahmed Mekki, a affirmé récemment que ces violences de la part de la population, sur fond d'absence et de large discrédit de la police, "étaient un des signes de la mort de l'Etat".

L'homme, battu puis pendu à un arbre, aurait tenté de voler une voiture, avant d'être capturé par le propriétaire du véhicule et des passants, selon la police.

Dimanche dernier, deux hommes accusés d'avoir volé un "touk-touk", un petit véhicule à trois roues, et d'avoir voulu enlever une fillette, avaient été battus à mort avant d'être pendus par les pieds à une poutre dans le village de Mahallat el-Ziat, dans la province voisine de Gharbeya.

De nombreux commissariats à travers le pays sont en grève depuis des semaines pour protester contre un manque de moyens face à des criminels armés et des manifestations souvent violentes.

De nombreux policiers accusent aussi le pouvoir du président islamiste Mohamed Morsi de chercher à instrumentaliser la police et y placer ses hommes.

La police, autrefois pilier du régime autoritaire de Hosni Moubarak, se heurte également toujours au ressentiment d'une large partie des Egyptiens, qui l'accusent de perpétuer des pratiques violentes face à la population et d'inefficacité contre les délinquants.

Certains islamistes radicaux ont récemment affirmé que, face à une police défaillante, ils voulaient faire respecter l'ordre eux mêmes dans la province d'Assiout (sud), mais ont dû se rétracter après une levée de boucliers dans l'opinion.

se-cr/feb

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