Budget fédéral 2013: les réactions

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MONTRÉAL - Les syndicats québécois ont opposé une levée de boucliers au nouveau budget fédéral, jeudi, alors que les mesures économiques présentées par le ministre des Finances, Jim Flaherty, suscitaient un accueil plus positif de la part d'autres organismes et regroupements.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) s'inscrit en faux par rapport à ce désir d'un déficit zéro réalisé d'ici deux ans. Dans un communiqué, le regroupement syndical dit croire à une «grave erreur», d'autant plus que cet objectif a entraîné, l'an dernier, des compressions de 5,2 milliards $.

La CSN s'oppose par ailleurs à la refonte du programme de formation de la main d'oeuvre, affirmant que le geste constitue une «invasion des champs de compétence provinciale».

Pas question non plus d'accepter les changements apportés aux crédits d'impôt pour les fonds de travailleurs, qui doivent disparaître progressivement pour être éliminés complètement d'ici 2017.

Même son de cloche à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), où le secrétaire général Daniel Boyer accorde un «E pour échec» bien senti à ce nouveau budget. Il se fait particulièrement incisif sur la fin programmée des crédits d'impôt pour fonds de travailleurs.

Alors qu'Ottawa désire encourager l'épargne et pousser les contribuables à mettre de l'argent de côté, cette disparition des crédits d'impôt est contre-productive, a fait valoir M. Boyer en entrevue téléphonique.

«C'est un budget qui était supposé favoriser la création et le maintien de l'emploi au Canada, mais, pour le Québec, il s'agit d'un jour triste», a-t-il déclaré, en faisant référence à la fin des crédits d'impôt.

«C'est un budget anti-Québec, un budget anti-travailleurs, un budget anti-syndical.»

M. Boyer a par ailleurs assuré que les 600 000 membres du Fonds de solidarité de la FTQ, y compris des gens d'affaires, se mobiliseraient pour faire connaître leur mécontentement.

Ce nouveau budget a par ailleurs semblé satisfaire le Conseil du patronat du Québec, particulièrement en ce qui touche l'atteinte de l'équilibre budgétaire toujours prévu en 2015-2016, les investissements importants dans les infrastructures (47 milliards $ sur 10 ans), et le prolongement de l'amortissement accéléré pour le secteur manufacturier.

Cependant, les changements importants apportés au programme fédéral de formation de la main d'oeuvre suscitent un enthousiasme modéré de la directrice de la recherche Norma Kozhaya, qui dit vouloir attendre de connaître les impacts sur les mécanismes québécois de formation avant de se prononcer plus en profondeur. La province devrait voir sa part du 500 millions $ de ce programme maintenue à 116 millions $, mais l'argent vient maintenant avec des conditions.

La réforme du programme de formation a pourtant semblé réjouir les chambres de commerce des différents paliers de gouvernement, qui estiment qu'Ottawa a pris les mesures nécessaires pour s'attaquer à la pénurie de compétences.

À la Chambre de commerce du Canada, on dit reconnaître le rôle de «premier plan» joué par les provinces et territoires, mais on se satisfait surtout de la flexibilité dont fera preuve le gouvernement fédéral en ce qui concerne l'offre de formation aux employés des petites et moyennes entreprises.

Le président de la Chambre, Perrin Beatty, s'est toutefois dit déçu des compressions de 770 millions $ dans le financement et l'innovation survenues l'an dernier, et a invité Ottawa à dialoguer à ce sujet avec les entreprises.

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) appuie pour sa part la rigueur budgétaire et le contrôle des dépenses mis en place pour atteindre l'équilibre budgétaire d'ici deux ans. Si les mesures de relance économique suscitent l'enthousiasme, celles sur la formation, toutefois, devront faire l'objet d'une évaluation poussée avant que la fédération n'émette de commentaires.

La préservation des montants des transferts fédéraux aux provinces est tout de même bien accueillie.

Quant au programme d'infrastructures de 47 milliards $, la FCCQ se dit d'avis qu'Ottawa devrait consulter les provinces pour assurer l'optimisation des projets.

Le budget est enfin accueilli plutôt favorablement par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Outre le respect de l'objectif budgétaire et le programme d'infrastructures, l'organisme souligne les mesures pour renforcer le secteur manufacturier, comme l'allégement fiscal pour les nouveaux équipements.

La Fédération canadienne des municipalités (FCM) a quant à elle salué la décision du gouvernement Harper d'indexer le transfert de taxe sur l'essence — qui doit procurer 9 milliards $ de plus au Fonds permanent de la taxe sur l'essence sur une période de 20 ans —, en plus d'accueillir avec soulagement la nouvelle entente sur le financement des infrastructures. Le choix d'évaluer l'efficacité de ce programme d'ici cinq ans suscite par ailleurs l'appui de la fédération.

Du côté de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS), toutefois, on dénonce avec force la poursuite de l'objectif du retour à l'équilibre en 2015-2016. Le déficit prévu pour 2013-2014 devrait atteindre 18,7 milliards $, pour ensuite passer à 6,6 milliards $ en 2014-2015.

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