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Formation de la main-d'oeuvre: Ottawa met en place une subvention conditionnelle (VIDÉO)

21/03/2013 04:11 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Ottawa souhaite que le secteur privé, et non plus seulement le gouvernement, «dicte les choix en matière de formation professionnelle». Et si Québec veut que ses citoyens bénéficient pleinement des subventions pour les programmes de formation, il devra se plier aux règles du jeu détaillées dans le budget déposé jeudi par le ministre des Finances Jim Flaherty.

Les négociations entre le gouvernement Harper et les provinces en vue du renouvellement des programmes de formation de la main-d'oeuvre, qui viennent à échéance en 2014, s'articuleront autour d'une nouvelle création d'Ottawa: la subvention canadienne pour l'emploi, l'une des pierres angulaires du budget de 2013.

Des 500 millions $ prévus pour ce fonds, 300 millions $ sont conditionnels à la contribution des entreprises et des provinces. Sans elles, la subvention d'Ottawa s'envole en fumée.

Si l'entente était renégociée avec le même financement, cela voudrait donc dire, pour Québec, que 67 des 116 millions $ par année dépendraient de l'adhésion au modèle mis de l'avant par le fédéral, dont l'objectif est de «jumeler les Canadiens aux emplois disponibles».

On sait déjà que ce volet du huitième budget Flaherty sera accueilli avec une brique et un fanal à Québec. La province avait conclu en 1997 une entente particulière avec Ottawa dans ce dossier.

Informé des rumeurs circulant au sujet de la refonte de ces programmes, le gouvernement Marois avait prévenu mardi, par la bouche du ministre des Finances Nicolas Marceau, que la formation de la main-d'oeuvre était «un champ de compétence exclusif du Québec».

En conférence de presse à Ottawa, le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, a affirmé qu'il ne souhaitait «pas de bataille» entre Ottawa et Québec sur cette question, plaidant qu'il ne fallait «pas voir ça comme un rapatriement de pouvoir à Ottawa».

Disant se fier aux réactions glanées lors de consultations avec des associations de manufacturiers et de regroupements de gens d'affaires aux quatre coins du pays, Jim Flaherty s'est pour sa part dit confiant que les entreprises «aimeraient participer» à l'initiative et que la subvention était considérée comme «une chose importante» dans le milieu.

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) — qui a affirmé jeudi ne pas avoir été consulté —ne s'est pas montré convaincu des vertus de cette subvention, et ce, même si le modèle actuel souffre d'un «manque d'adéquation» entre la formation et les besoins en emploi, a exposé Norma Kozhaya, économiste en chef de l'organisation. Le CPQ aurait largement préféré des crédits d'impôt aux entreprises pour encourager la formation continue, a précisé Mme Kozhaya.

Les modalités de ce volet conditionnel de la subvention devront être élaborées avec beaucoup de doigté. Comment, par exemple, un employeur qui débourse les frais de formation d'un potentiel travailleur pourra-t-il s'assurer que celui-ci lui demeurera fidèle?

Car selon le modèle préconisé par le gouvernement conservateur, l'entreprise peut débourser jusqu'à 5000 $ afin de financer la formation d'une personne qui lui semble avoir le potentiel d'occuper un poste qu'elle cherche à combler. Avec les conteparties équivalentes du fédéral et du provincial, la subvention peut donc atteindre 15 000 $ par personne.

Le secteur privé est appelé à jouer un plus grand rôle dans la formation de la main-d'oeuvre car trop d'entreprises et de travailleurs n'arrivent pas à trouver chaussure à leur pied, selon le gouvernement fédéral.

«Au Canada, la formation professionnelle n'est pas suffisamment liée aux compétences dont les employeurs ont besoin ou aux emplois disponibles. (...) Pour renverser cette tendance, il est essentiel d'assurer la concordance entre les besoins des employeurs et la formation que reçoivent les Canadiens», peut-on lire dans le communiqué de presse du ministère des Finances.

Le gouvernement Harper estime qu'une fois l'initiative entièrement mise en oeuvre, près de 130 000 Canadiens pourraient suivre une formation à chaque année dans des «établissements admissibles».

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