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Boateng: "Pas de vaccin contre le racisme"

21/03/2013 01:28 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

Le milieu ghanéen de l'AC Milan Kevin-Prince Boateng a estimé que le racisme était "bien réel" dans le football et qu'il n'existait "pas de vaccin", lors d'une réunion des vedettes du ballon rond jeudi à l'initiative de la Haut Commissaire aux droits de l'Homme, à l'ONU.

"Le gros problème avec le racisme est qu'il n'y a pas de vaccin contre lui. Il n'y a pas d'antibiotiques. C'est comme un virus très dangereux et contagieux, renforcé par notre indifférence et l'inaction", a souligné Boateng, cible en janvier d'insultes racistes de la foule dans un match amical contre le petit club de Pro Patria.

Boateng, qui avait quitté le terrain, suivi par son équipe en solidarité, a dit combien "le racisme est bien réel et existe ici aujourd'hui".

Il a ajouté que les stars du sport ont une responsabilité spéciale. "Je suis convaincu que nous faisons une erreur fatale si nous croyons combattre le racisme en l'ignorant et en pensant qu'il peut s'en aller comme un mal de tête".

"Nous devons agir à chaque fois que nous y sommes confrontés", a affirmé Kevin-Prince Boateng au cours de cette rencontre organisée à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale.

L'ex-capitaine de l'équipe de France Patrick Vieiralui a fait écho en affirmant que les sportifs doivent s'exprimer clairement contre le racisme. De simples amendes ne suffisent pas, a-t-il dit, en suggérant des retraits de points ou la relégation.

"Les auteurs d'actes racistes dans les stades doivent rendre des comptes", a déclaré Patrick Vieira. Dans un message lu par l'un de ses représentants, le président de la Fifa Joseph Blatter a affirmé qu'aucune discrimination sous une quelconque forme n'est tolérée dans les stades.

Il a appelé toute la communauté du football à s'unir contre le racisme par l'éducation, en adoptant des sanctions suffisamment sévères et en envoyant un message fort montrant que le football rejette les politiques de haine.

La FIFA a créé un groupe de travail antiraciste qui réfléchit à des mesures de dissuasion supplémentaires, mais aussi comment changer les attitudes, a souligné son président.

La Haut commissaire aux droits de l'Homme Navi Pillay a souligné qu'il y a encore un long chemin à parcourir pour éliminer les manifestations de racisme lors des événements sportifs, partout dans le monde. "C'est maintenant qu'il faut botter le sectarisme hors du football. Nous avons l'occasion de faire de l'incident avec Pro Patria un moment clé de la lutte contre le racisme dans le sport", a-t-elle dit.

Navi Pillay a appelé à des mesures radicales citant l'exemple de la Fédération grecque de football qui a banni à vie de l'équipe nationale un joueur qui avait fait le salut nazi. "C'est un message fort que de tels comportements sont inacceptables".

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