NOUVELLES

Barack Obama estime que la paix entre Israël et la Palestine est encore possible

21/03/2013 06:00 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

JÉRUSALEM - Insistant sur le fait que la «paix est possible», le président américain Barack Obama a incité jeudi les Israéliens et les Palestiniens à retourner à la table des négociations avec peu ou pas de conditions préalables, adoucissant le ton après avoir précédemment exigé d'Israël qu'il cesse d'établir des colonies sur les territoires au coeur du conflit israélo-palestinien.

M. Obama a lancé cet appel quelques heures après que des missiles envoyés depuis la bande de Gaza, qui est contrôlée par le Hamas, eurent frappé une ville dans le sud de l'État hébreu, un rappel de l'instabilité et des tensions qui minent les pourparlers de paix depuis des décennies.

À l'occasion de sa deuxième journée au Moyen-Orient, le président américain a fait la navette entre Jérusalem et Ramallah, discutant aussi bien avec la population que les politiciens. Il n'a offert aucune nouvelle politique ou stratégie pour relancer les négociations mais a exhorté les deux camps à revoir leur manière de penser et à abandonner les habitudes et les formules qui entravent le processus depuis si longtemps.

Dans un discours devant de jeunes Israéliens à Jérusalem, Barack Obama a affirmé que la paix était encore possible même s'il n'y avait rien de garanti. Les différends qui divisent Israéliens et Palestiniens n'ont pas changé avec les années et concernent notamment le statut de Jérusalem, la détermination des frontières et les problèmes liés aux réfugiés.

Les colonies installées par l'État hébreu sur les terres contestées enragent particulièrement les Palestiniens. Cette politique d'Israël a également été condamnée par les États-Unis et d'autres pays.

Continuer de bâtir des colonies nuit aux pourparlers, a déclaré M. Obama, qui n'a toutefois pas demandé au gouvernement israélien de mettre un terme à la construction comme il l'avait fait auparavant. Il a plutôt invité les Palestiniens à cesser d'utiliser cette situation comme prétexte pour ne pas négocier.

«Si l'on ne peut avoir de négociations directes que si tout est réglé d'avance, alors il n'y a aucune raison de négocier», a affirmé le président américain lors d'une conférence de presse conjointe avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah. «Je pense qu'il est important d'aller de l'avant avec le processus même s'il y a des problèmes de chaque côté.»

M. Abbas a soutenu que les Palestiniens souhaitaient toujours faire la paix avec les Israéliens, mais a clairement signifié que les colonies avaient rendu son peuple méfiant par rapport aux intentions de l'État hébreu.

«C'est très dangereux parce que la population actuelle et les nouvelles générations pourraient finir par avoir la conviction que la solution des deux États n'est plus possible», a-t-il prévenu.

Barack Obama s'est rangé du côté des Palestiniens sur la question des colonies lors de son premier mandat à la tête des États-Unis. Toutefois, lorsque Israël a accepté à contrecoeur d'adopter un moratoire de 10 mois pour la construction, les Palestiniens ont attendu à la toute dernière minute pour reprendre le dialogue qui a finalement été interrompu peu de temps après.

Les Palestiniens veulent former un État qui comprendrait la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est, des territoires conquis par Israël durant la guerre de 1967. Ils ont précisé être prêts à faire quelques petites concessions pour les colonies situées près des limites de l'État hébreu.

Depuis 1967, le gouvernement israélien a bâti des dizaines de colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est où vivent maintenant 560 000 Israéliens, soit 60 000 de plus que lorsque M. Obama est arrivé au pouvoir il y a quatre ans.

Barack Obama passe la majorité de son séjour au Moyen-Orient en Israël. Jeudi soir, il a reçu la «médaille présidentielle» israélienne à l'occasion d'un somptueux souper, devenant le premier président américain en exercice à recevoir la plus haute distinction civile d'Israël.

PLUS:pc