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Affaire Bettencourt: l'ancien président français Nicolas Sarkozy mis en examen

21/03/2013 06:47 EDT | Actualisé 21/05/2013 05:12 EDT

PARIS - L'ancien président français Nicolas Sarkozy a été mis en examen jeudi en lien avec les allégations selon lesquelles il aurait accepté des contributions illégales de la part de la femme la plus riche de la France lors de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2007.

Selon ce qu'a déclaré l'avocat Antoine Gillot à la chaîne française iTELE, le juge Jean-Michel Gentil du tribunal de Bordeaux a ordonné la mise en examen de M. Sarkozy, l'étape qui précède le dépôt d'accusations officielles, après l'avoir interrogé pendant plusieurs heures jeudi.

M.Sarkozy est accusé d'«abus de faiblesse» dans le cadre d'une enquête impliquant l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, âgée de 90 ans.

En vertu de la loi française, les accusations préliminaires signifient que le procureur a des raisons de croire qu'un crime a été commis, mais permet de poursuivre l'enquête. Les accusations peuvent par la suite être abandonnées ou mener à un procès.

L'enquête tourne autour des finances de Mme Bettencourt, qui a déjà fait l'objet d'une longue dispute familiale à propos de sa fortune. La vieille dame, qui souffrirait de la maladie d'Alzheimer, a depuis été placée sous la protection des tribunaux.

En novembre, l'ex-président avait été désigné comme témoin important et potentiellement passible de poursuites en raison d'allégations d'abus d'une personne en état de faiblesse, d'escroquerie et de abus de confiance.

Après la séance de questionnement de jeudi, un groupe de trois juges a décidé de ne conserver que la première d'entre elles liées à des gestes posées en février 2007 et durant toute cette année, selon le bureau du procureur. Ce dernier a souligné que l'ex-président était encore considéré comme innocent jusqu'à preuve du contraire.

Le juge d'enquête Jean-Michel Gentil examine des rapports conflictuels sur le nombre de fois où M. Sarkozy a visité la demeure de Mme Bettencourt dans le cadre de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, selon un avocat.

Plus tôt, dans le cadre de l'enquête, l'ancien comptable de la riche héritière a déclaré à la police que Mme Bettencourt avait versé 150 000 euros au gestionnaire de sa fortune, montant qui a ensuite été transféré au trésorier de M. Sarkozy.

«Si M. Gentil a placé M. Sarkozy sous enquête, ce soir, c'est parce qu'il avait une raison pour ce faire», a déclaré Antoine Gillot, l'avocat de l'ancien majordome de la milliardaire, qui a également été questionné jeudi en compagnie de M. Sarkozy.

M. Sarkozy a perdu son immunité judiciaire lorsqu'il s'est incliné contre le socialiste François Hollande lors de l'élection présidentielle de mai dernier.

Thierry Mariani, un avocat et un allié au sein de l'UMP, le parti de M. Sarkozy, a suggéré que les accusations avaient des motivations politiques, et s'inscrivaient dans la foulée d'efforts pour discréditer l'ex-président, alors que les sondages révèlent qu'il est largement apprécié, tandis que les électeurs sont déçus de son successeur.

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