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USA: élus et associations réclament des "garde-fous" pour les drones civils

20/03/2013 03:21 EDT | Actualisé 20/05/2013 05:12 EDT

Elus de tous bords et associations de défense des libertés ont souligné mercredi au Sénat américain le besoin de "garde-fous" pour l'utilisation de drones civils sans violer la vie privée des Américains.

"Nous devons empêcher les drones de devenir des alternatives aux patrouilles de police", a estimé Amie Stepanovich, au nom de l'association Electronic Privacy Information Center (EPIC), devant la commission des Affaires judiciaires du Sénat, lors d'une audition consacrée à leur utilisation par les forces de l'ordre.

Des départements de police aux Etats-Unis ont déjà manifesté leur intérêt pour ces appareils sans pilote --qui seront tous autorisés à voler dans le ciel américain à partir d'octobre 2015-- pour surveiller des rassemblements, avec parfois des armes non létales, selon Mme Stepanovich.

Utiliser des drones à des fins de "surveillance ou pour collecter d'autres informations aura un impact énorme sur la vie quotidienne de millions d'Américains" et suscite "de graves inquiétudes", a estimé le sénateur démocrate Patrick Leahy, président de la commission, en présentant à l'auditoire un petit drone noir pesant seulement 1 kilo.

"Quand la police peut-elle utiliser un drone, et pour quels objectifs? Dans quelles circonstances la police devra-t-elle utiliser un mandat de perquisition, et que doit-on faire des données collectées?", s'est-il demandé.

D'ici la fin de la décennie, quelque 30.000 drones à usage civil pourraient voler dans le ciel américain, selon M. Leahy, citant l'agence fédérale de l'aviation (FAA), chargée d'ouvrir le ciel américain aux drones civils.

Son homologue républicain Chuck Grassley a fait remarquer que les drones, qui transportent une technologie "limitée seulement par l'imagination" humaine, génèrent une "plus grande responsabilité".

Un drone est beaucoup plus facile et "moins cher" à mobiliser qu'un hélicoptère pour retrouver une personne perdue ou photographier une scène de crime, a pour sa part fait valoir Benjamin Miller, qui dirige un programme de drones dans un comté du Colorado.

M. Miller s'est toutefois dit favorable à l'utilisation de mandats judiciaires quand l'activité du drone touche à la vie privée, sauf dans des situations d'urgence.

are/mdm

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