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Transfert du seigneur de guerre Bosco Ntaganda à la CPI: Washington inquiet

20/03/2013 01:04 EDT | Actualisé 20/05/2013 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - Le gouvernement des États-Unis semble redouter que le Rwanda ne garantira pas un transfert sécuritaire au seigneur de guerre congolais qui se trouve actuellement à l'ambassade américaine au Rwanda et qui doit s'envoler vers les Pays-Bas pour faire face à la justice internationale.

Le chef rebelle Bosco Ntaganda s'est rendu de son propre gré à l'ambassade en début de semaine et a demandé à être transféré à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, aux Pays-Bas. Il devra donc effectuer le trajet entre l'ambassade et l'aéroport afin de s'envoler à destination de l'Europe.

Le plus haut responsable du département d'État américain en Afrique, Johnnie Carson, a dit espérer que le gouvernement rwandais «fera sa part» afin de faciliter le transfert.

Il a également signalé que le Rwanda n'avait pas encore assuré les responsables de la CPI de leur collaboration, faisant remarquer que le pays africain, comme les États-Unis, n'était pas signataire du traité de Rome qui a donné naissance à ce tribunal international.

Kigali n'est donc pas tenu, en vertu de ses obligations internationales, de remettre Bosco Ntaganda aux autorités de la CPI, a précisé Johnnie Carson lors d'une conférence de presse téléphonique qu'il a accordée depuis Washington.

La ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a implicitement critiqué la CPI sur Twitter dimanche, écrivant que «le Rwanda croit en la justice, pas au colonialisme judiciaire». Elle répondait à une question du chef de l'organisation humanitaire Human Rights Watch, qui lui demandait si le Rwanda s'engageait à transférer Bosco Ntaganda à La Haye.

Même s'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international, le seigneur de guerre congolais Bosco Ntaganda a fait la belle vie pendant des années en République démocratique du Congo (RDC), fréquentant les clubs de tennis privés et les restaurants huppés au nez et à la barbe des diplomates étrangers et des Casques bleus de l'ONU.

Bosco Ntaganda, un Tutsi, avait été formellement accusé par la CPI en 2006 d'avoir bâti une armée de miliciens en enrôlant des enfants soldats pendant un conflit ayant sévi entre 2002 et 2003 dans la province d'Ituri, dans l'est de la RDC.

Accusé de meurtre, de viol, d'esclavage sexuel et de pillages, il avait malgré tout accédé au titre de général dans l'armée congolaise et menait une vie sans tracas dans l'est du pays.

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